CHAPITRE XVII. LA TERRE DES MORTS
Certains ont prétendu que la nécropole royale portait le nom de « place de vérité ». C’est une erreur ; cette dénomination appartient à un quartier de la nécropole, dans la région de Deir el Medineh. Quant aux tombes des rois, elles étaient appelées « sièges d’éternité » ou encore « résidences des dieux ». L'examen de la disposition des tombes dans Biban el Molouk, permet de s’apercevoir qu’on a cherché d’abord à placer les sépultures dans les recoins les plus mystérieux. Thoutmès It" est tout au fond de la vallée, Hatshepsout au pied d’une grande falaise vers la gauche ; Thoutmès III est dissimulé dans un raïdillon escarpé (fig. 224), Aménophis II de nouveau au pied d’une falaise (fig. 226), presque en face d’Hatshepsout, à l’autre extrémité de la vallée. Il est certain qu’à cette époque on s’attachait avant tout au caractère absolument secret de l’emplacement. Plus tard, les tombes, auxquelles __ on donne une entrée moins dissimulée, se disposent régulièrement le long de petites vallées latérales. Les sépultures des nombreux Ramsès de la xxe dynastie se trouvent toutes dans la partie antérieure de la nécropole (fig. 227). On sait que celle de Ramsès VI s’ouvre à quelques mètres au-dessus du caveau célèbre de Toutankh- | ‘amon.
Sans qu’il y ait conformité absolue de plan entre tous ces hypogées, on peut dire, en général, qu’ils se présentent de la manière suivante :
plusieurs escaliers et plusieurs couloirs (fig. 228), sou- F. vent en pente, conduisent à 4 une Pole dénommée par les
it sur une passerelle ; 18e II et chez
un. moyen de détourner les pil ards. En même temps le
Ke
puits servait à absorber les eaux pic. 228. (Phot. Beato.) ToMBEAU DE RAMSÈS IX.
qui, par les pluies d’orages, auraient pu pénétrer dans le souterrain. Au delà de la chambre du puits, on rencontre de nouveaux couloirs qui mènent à la salle du sarcophage que les Egyptiens appelaient «la salle d’or ». Généralement, celle-ci est composée de deux parties, dont l’une est à un niveau inférieur ; des piliers, réservés dans la roche, soutiennent le plafond ; de petites chambres s’ouvrent latéralement et, d’après les représentations de plusieurs d’entre elles, on peut être sûr qu’elles contenaient un mobilier funéraire. Exceptionnellement, chez Ramsès III, ces chambres-magasins sont creusées à droite et à gauche des couloirs d’accès. À la voûte planent de grands vautours (fig. 229). Dans la chambre du sarcophage on a figuré le ciel étoilé avec de curieux tableaux astronomiques. Sur les murs, les textes et