CHAPITRE XVII. LA TERRE DES MORTS
dépouillé de toutes ses richesses, mais encore couché dans son sarcophage.
Il faut, après la visite de la nécropole, escalader le sentier qui grimpe par-dessus la montagne. À mesure qu'on s'élève, le paysage de Biban el Molouk se déroule plus grandiose, avec des aspects inoubliables. De place en place on voit les entrées des hypogées faisant un trou d’ombre au flanc vivement éclairé de la montagne.
Après quelques instants ES 2. Ya de marche, on arrive au : | LT TT sommet de la falaise, au pied de laquelle s’ouvre la tombe de la reine Hatshepsout, creusée ainsi à peu de distance de son temple funéraire. Dès qu’on a franchi le seuil, on découvre, en effet, le cirque de Deir el Bahari que l’on surplombe.
Les agents atmosphériques ont, depuis des millénaires, découpé les roches d’une manière fantastique (fig. 230). Le regard, qui s’arrête à les observer quelques instants, est bientôt attiré vers les horizons qui se déroulent à perte de vue. Sous les pieds, c’est la nécropole désertique, criblée d’excavations, au sol tourmenté par les travaux incessants de dizaines de siècles. Les temples immenses sont réduits à des dimensions minuscules. Au delà s’étend la plaine cultivée, au merveilleux tapis vert, découpé de filets d’eau ; plus loin, le Nil qui commence un grand coude, au nord de Thèbes. Sur l’autre rive, c’est une nouvelle bande de cultures, au milieu de laquelle on entrevoit la masse des pylônes et les pointes des obélisques de Karnak. À l’horizon, les montagnes arabiques découpent leur silhouette sur le ciel (fig. 212).
Peu de spectacles en Egypte, et même dans le monde entier, sont plus impres-
FIG. 230. (Phot. J. Capart.) DEIR EL BAHARI.
Les rochers au-dessus du temple.
sionnants que celui dont on jouit du sommet de la montagne de Thèbes,
lorsqu'on vient de ressentir les grandes impressions de la nécropole des Rois.
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LE DISQUE SOEAIRE: