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CHAPITRE XI. LE LUXE PUBLIC ET LE LUXE PRIVÉ

ToMBEAU DE NAKHT. Groupe de musiciennes.

FIG. 113. (Aquar. Lancelot Crane.)

mouchetures, tandis que la tête de l’animal, tombant sur la poitrine et jouant le rôle d’un fermoir, était un précieux bijou.

Au tombeau de Menna (n° 69), on a représenté des princesses portant un diadème compliqué ; sur leur front se dressent des têtes d’antilopes et deux

longues plumes. Dans la scène agricole du même tombeau, nous pouvons constater que les grands personnages imitaient les élégances royales (fig Tr2) Le maître est assis sur un pliant de forme heureuse dont le siège est fait d’une . peau de panthère. Dans une attitude pleine de dignité, il reçoit ses employés.

Leur vêtement qui présente un retroussis considéré sans aucun doute comme le dernier mot du raffinement contraste avec le pagne tout uni des travailleurs.

Chez Ouserhat (nr) une peinture délicieuse, mais malheureusement mutilée, nous montre le défunt assis sur un fauteuil ; derrière lui se trouvent sa mère et sa femme, également assises. Le fond est tapissé d’un grand arbre couvert de feuilles et de fruits au milieu desquels on voit des oiseaux. On sent à Pélégance des robes et des parures, que nous avons affaire à des personnages d’un rang supérieur, à des gens pour qui une existence aisée, entourée de luxe, était un besoin absolu ; leurs gestes, leur physionomie, prouvent le raffinement

de leur é 10n.

FIG. 114. (Aquar. N. de G. Davies.) TOMBEAU DE NAKHT. duca nor Détail d’une scène de réception. Une peinture du

tombeau de Rekhmara (n° 100), à à droite, dans la salle longue, nous montre les femmes de la famille du vizir occupées à leur toilette tandis que des esclaves les divertissent, jouant de la musique et dansant (fig. 118). Les servantes s’empressent autour des dames, versent dans une soucoupe le contenu d’un vase d’essence, apportent les parures, arrangent les boucles de la chevelure, couvrent les bras et les épaules de graisses aromatiques. Sans aucun doute, ce sont les PP d’une fête ou plutôt d’une réception mondaine. Au tombeau de Nakht (n° 52), les dames sont groupées, assises sur des nattes ; elles respirent le parfum des fleurs de lotus et se présentent des fruits

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02260), on lit : « Je veux

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(fig. 114). Une petite esclave se penche pour remettre en ordre une boucle d’oreille. Les messieurs, assis sur des tabourets, tiennent à la main des fleurs de lotus. Un chanteur aveugle s’accompagne sur la harpe et son jeu paraît être plein de finesse (fig. 115). Plus bas, des femmes jouent de la harpe, de la mandoline et de la double flûte (fig. 113). Au milieu de la salle est disposé un buffet dont les vases et les coupes sont groupés d’une manière gracieuse et décorés de bouquets de fleurs. Si nous ne pouvons recréer le rythme et la musique du langage poétique, nous pouvons néanmoins lire tous les textes qui nous conservent quelques-unes de ces chansons. Le plus souvent, à côté des musiciens, on s’est contenté d’inscrire le titre et les premiers mots de ces mélodies que tous les amateurs du temps connaissaient sans doute par cœur.

Dans une tombe du Moyen Empire, chez Antefoker

dire son arrivée, c’est celle d’une hirondelle à la voix puissante. Isis, assieds-toi, je sais ce qui adoucira ta douleur : J’ai appris que ton fils Horus a combattu avec ton frère Seth et lui a infligé une très grave blessure. »

C’est une allusion au mythe d’Osiris et d’Isis : la déesse s’était changée en hirondelle pour voltiger autour du pilier à l’intérieur duquel est enfermé Osiris. Le chanteur lui annonce la bonne nouvelle : Horus a vengé son père.

Chez Neferhotep (n° 50) de la xvirIe dynastie, il y a une complainte qui répond à l’esprit de l’époque et par laquelle le harpiste encourageait le maître à « faire un jour heureux », car «les corps ne naissent que pour passer depuis le temps des dieux. Le soleil se lève le matin et se couche le soir, les hommes engendrent, les femmes enfantent », et les générations se chassent l’une l’autre sans rien retenir de ce qu’elles ont possédé ici-bas. « Oubliant tous les maux, Ô Nofirhotpou, prêtre sage aux mains pures, ne songe plus qu’au plaisir,

FIG. 115. (Aquar. N. de G. Davies.) TOMBEAU DE NAKHTI. Le musicien aveugle.

TUE Fa | ac = nn , TE 8 jusqu’à ce qu’il

7 " arrive ce Jour où l’on doit aborder à la terre qui aime lesilence;sane que cesse pour cela de battrele cœur du fils qui vous aime |. Suis ton désir et ton bonheur aussi longtemps que tu

FIG. 116. (D’après J. Rosellini) ‘TOMBEAU DE NEFERHOTEP. Maison thébaine. S€TAS SUT [eIfre, n’use pas ton

cœur au chagrin, jusqu’à ce qu’il vienne pour toi ce jour où l’on supplie sans que le dieu impassible écoute ceux qui implorent de lui un nouveau délai de vie. Les lamentations des siens ne font pas que l’homme au tombeau se console. Fais donc un jour heureux, et jouis-en de ton mieux. Certes, homme n’y a qui puisse emporter son bien avec lui dans la mort ; certes, personne n’y a qui soit parti et qui soit revenu (27)! »

Quelques tombeaux nous permettent de Ë Le lan préciser le cadre de dus l'existence terrestre de AN LL. | ces riches Thébains. Ho NE A Chez Anena (n° 81), à RU ne En

LIRE In la face Ouest du deu- .

xième pilier Sud, dans la première chambre, on avait peint tout le domaine du défunt. Au premier plan on voit encore le mur d’enceinte avec sa porte d'entrée. Au-dessus, on remarque d’abord un grand arbre qui ombrage un magasin et deux silos à grains,

devant la mo MAS Er, x 17. (Phot. Mackay.) TOMBEAU DE TEHOUTINEFER HOUIA. se rectangulaire à deux Coupe d’une maison thébaine.

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