CHAPEERESXPESEECEUXEPPUBEIC ET LE LUXE:PRIVE
À côté de ces représentations du mobilier royal employé effectivement, on peut citer un monument qui donne l'impression d’un garde-meuble. Au tombeau de Ramsès III, les petites chambres qui s’ouvrent à droite et à gauche sur le deuxième couloir, ont conservé les images des principales pièces du mobilier, disposées en ordre méthodique. Il y a, par exemple, un véritable arsenal où se trouvent placés les uns à côté des autres, les glaives, les haches, les cuirasses, les casques, les fouets pour la conduite des chars, etc. Les fauteuils surtout sont merveilleux ; 1ls le sont à un point tel qu’on a pu croire qu'ils répondaient plutôt à la fantaisie des peintres décorateurs qu’à la réalité. Mais la découverte sensationnelle des tombes d’Iouiya et de Touiyou, et surtout de Toutankhamon, nous ont montré que ces copies étaient fidèles. S’il est un reproche qu’on leur puisse faire, c’est plutôt d’être inférieures à la réalité.
Pour autant que le raffinement d’une civilisation peut se mesurer au luxe apporté dans la toilette et la parure, nous devons reconnaître qu’aucun peuple n’a surpassé les Egyptiens. Lorsque le roi apparaît en public, lorsqu'il monte sur son char pour se livrer au plaisir de la chasse ou pour exterminer ses ennemis, « c’est une montagne d’or qui illumine les Deux Terres et c’est comme le soleil lorsqu'il se lève à l’horizon », disent les textes du coffret peint de Toutankhamon.
Au tombeau de Siptah, sur la paroi gauche, à l’entrée, le roi est en adoration devant Harmakhis. Ses vêtements sont faits d’une étoffe extrêmement fine qui laisse transparaître les formes du corps. Ils sont complètement unis, sans broderies ni ornements. On appréciait surtout la finesse et la blancheur du lin. Le vêtement est de ligne élégante, l’étoffe drapée a suffisamment d’ampleur pour former des plis harmonieux ; le roi porte un pagne qui s’arrête à nmu-hauteur de la jambe et au-dessus duquel une robe tombe des épaules jusqu'aux pieds. Sur son front se dresse un uraeus fait d’or et d’émaux. D’émaux et d’or aussi le diadème formé de cornes, du disque solaire, de serpents sacrés et d’une mitre élevée flanquée de deux plumes. Autour du cou, est suspendue une riche parure, faite de deux colliers d’or et d’une large guirlande à motifs floraux qui pourrait bien, elle aussi, avoir été composée d’or et d’émail. Sur le devant de la ceinture est fixée une autre pièce d’orfèvrerie terminée à la partie inférieure par une série d’uraeus dressés. On ne peut être insensible à la valeur de cette parure qui, malgré sa richesse, est d’une distinction excluant tout excès d’un goût douteux.
Dans la tombe du prince Amenkhepeshef, fils de Ramsès IIT, nous n’aurons plus la même impression de sobriété dans le luxe. Au fond du mur de l’antichambre, de chaque côté de la porte qui accède au sarcophage, on voit le roi conduit par Hathor ou Isis. Il introduit auprès des déesses son fils qui marche derrière lui (fig. 108). La disposition générale des vêtements et de la parure, n’a
pas énormément changé; cependant, il semble que les fines étoffes de lin
soient abandonnées et qu’on préfère les vêtements bariolés. Les bijoux sont plus lourds, d’un dessin peu sûr. On sent chez ces rois moins de véritable élégance et plus d’ostentation.
Allons voir, à quelques pas de là, la belle Nefertari, l'épouse préférée de Ramsès IT (fig. 109). La reine est introduite dans l’autre monde par les dieux et les déesses ; elle leur consacre des offrandes. Le vêtement de fin tissu est serré à la taille par une riche ceinture qui détermine une chute harmonieuse des plis ; la tête, surmontée du diadème,;.est couverte d'uncperrme dont la partie supérieure s’engage dans une parure faite d’or et d’émaux simulant la dépouille d’un vautour dont les ailes déployées descendent à droite et à gauche. Aux oreilles sont placées des boucles de formes diverses ; parfois ce sont des uraeus dressés. Un large collier s’étale sur la poitrine d’une épaule à l’autre.
Les déesses aussi sont brillamment parées ; Isis, par exemple, est étroitement serrée dans une robe, retenue au-dessus des épaules par des bretelles. On ne Va pas jusqu’à vêtir les divinités en suivant les caprices de la mode. On leur conserve les vêtements dont la coupe remonte aux âges les plus lointains. Le décor menu des robes de déesses pourrait être interprété comme un fin réseau de perles d’émail posées sur l’étoffe, à moins qu’on ne veuille y reconnaître une parure faite de pièces d’orfèvrerie, comme le corselet trouvé chez Toutankhamon. ,
Dans le même tombeau (fig. III) et dans les tombes royales de Biban ei Molouk (fig. 110), on voit souvent le prince héritier dans son rôle de prêtre funéraire ou Anmoutef, vêtu de la peau de panthère. Nous savons, encore une fois par la tombe de Toutankhamon, qu’à la peau véritable on substituait une imitation faite d’étoffe, où des rosaces d’or marquaient les
FIG. 112. (Phot. Gaddis.) TOMBEAU DE MENNA.
Le maître et ses subalternes.