‹ ThéaÌ‚tre choisi de RacineChapitre 137 sur 456 · ACTE ÎIÎ, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE ÎIÎ, SCÈNE VI

Y I sait que le premier lui donnant mon suffrage, Je le lis nommer ciief de vingt rois ses rivaux ; Et pour fruit de mes soins, pour fruit de mes travaux, Pour tout le prix enfin d'une illustre victoire, Qui le doit enrichir, venger, combler de gloire, 970 Coulent et glorieux du nom de votre époux, Je ne lui demandois que l'honneur d'être à vous. Cependant aujourd'hui, sanguinaire, parjure,

* C'est peu de violer l'amitié, la nature. C'est peu que de vouloir sous un couteau mortel 975 Me montrer votre cœur fumant sur un autel : D'un appareil d'hymen couvrant ce sacrifice, H veut que ce soit moi qui vous mène au supplice ? Que ma crédule main conduise le couteau? Qu'au lieu de votre époux je sois votre bourreau*? 980

iEt quel étoit pour vous ce sanglant hyménée, Si je fusse arrivé plus tard d'une journée? Quoi donc ? à leur fureur livrée en ce moment Vous iriez à l'autel me chercher vainement; Et d'un fer imprévu vous tomberiez frappée, 985 En accusant mon nom qui vous auroit trompée? Il faut de ce péril, de cette trahison, Aux yeux de tous les Grecs lui demander raison. A l'honneur d'un époux vous-même intéressée, Madame, vous devez approuver ma pensée. qmo II faut que le cruel qui m'a pu mépriser Apprenne de quel nom il osoit abuser.

Hélas ! si vous m'aimez, si pour grâce dernière

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