‹ ThéaÌ‚tre choisi de RacineChapitre 156 sur 456 · ACTE IV, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VI

Pour vous, à qui des Grecs moi seul je ne dois rien,

Vous, que j'ai fait nommer et leur chef et le mien, i385

Vous, que mon bras vengeoit dans Lesbos enflammée.

Avant que vous eussiez assemblé votre armée.

Et quel fut le dessein qui nous assembla tous?

Ne courons-nous pas rendre Hélène à son époux ?

Depuis quand pense-t-on qu'inutile à moi-même

Je me laisse ravir une épouse que j'aime? iSgo

Seul d'un honteux affront votre frère blessé

A-t-il droit de venger son amour offensé * ?

Votre fille me plut, je prétendis lui plaire;

mes bœufs ni mes chevaux, et jamais dans la fertile Pthie ils n'ont pillé mes moissons.... Mais c'est toi, impudent, que nous suivions, pour te faire plaisir. »

Racine a substitué Larisse à Pthie. Larisse, au nord de Pthie, appartenait aussi à Achille, qui est appelé plus d'une fois Larissœus Achilles.

\. Homère fait dire à Achille {Iliade, ch. IX, v. 537-515) :

.... Tt 8è Ssî Tio'XsiJ-iÇétxsvaL Tpu>£<JCJtv 'Apystouç; il U Xaov àvrjyaYsv èvOàS' aysipaç

""H |xouvot àXdxouç txcponwv àvÔpwnwv

'AtpstSat ; lirsl, ocrttç àv^jp àyaÔô; ^al eyjcppwv, TTiV auToG cpi);££t xal vtT|Ô£Tai, 03? Ttal £yw tV

« Pourquoi faut-nl que les Argiens fassent la guerre aux Troyens? ^ Pourquoi l'Atride a-t-il rassemblé Parmée, l'a-t-il amenée ici? IN est-ce pas à cause d'Hélène aux beaux cheveux? N'y a-t-il parmi les hommes que les Atrides qui aiment leurs femmes? Tout homme bon et s^nse aime et choie sa femme : et moi f aimais celle-ci de tout mon cœur.... » . , . ,

Virgile fait dire à Turnus, à propos de Lavinie, qui lui avait ete promise {Ènéide, \\\. ÏX, v. 138, 139) :

... lyec solos tangit Atridas Iste doîor, solisqiie Ucet capere arma Éycenis.

« Les Atrides ne sont pas seuls à sentir une telle injure, et Mycène n'a pas seule le droit de prendre les armes, »

IPHIGÉNIE

Elle est de mes serments seule dépositaire. .

Content de son hymen, vaisseaux, armes, soldats, iSgS

Ma foi lui promit tout, et rien à Mënélas.

Qu'il poursuive, s'il veut, son épouse enlevée :

Qu'il cherche une victoire à mon sang réservée;

Je ne connois Priam, Hélène, ni Paris ^ ;

Je voulois votre fille, et ne pars qu'à ce prix. i4oo

AGAMEMNON

Fuyez donc. Retournez dans votre Thessalie.

Moi-même je vous rends le serment qui vous lie.

Assez d'autres viendront, à mes ordres soumis,

Se couvrir des lauriers q-.ii vous furent promis -,

Et par d'heureux exploits forçant la destinée, i4o5

Trouveront d'Ilion la fatale journée^.

J'entrevois vos mépris, et juge à vos discours

Combien j'achèterois vos superbes secours.

De la Grèce déjà vous vous rendez l'arbitre :

Ses rois, à vous ouïr, m'ont paré d'un vain titre. i4io

Fier de votre valeur, tout, si je vous en crois,

Doit marcher, doit fléchir, doit trembler sous vos lois.

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