‹ ThéaÌ‚tre choisi de RacineChapitre 167 sur 456 · SCÈNE IV ACHILLE, IPHIGÉNIE · texte numérisé non relu

SCÈNE IV ACHILLE, IPHIGÉNIE

ACHILLE

Venez, Madame, suivez-moi.

Ne craignez ni les cris ni la foule impuissante D'un peuple qui se presse autour de cette tente. Paroissez ; et bientôt sans attendre mes coups, Ces flots tumultueux s'ouvriront devant vous. iSao Patrocîe, et quelques chefs qui marchent à ma suite, De mes Thessahens vous amènent l'éhte.

Tout le reste, assemblé près de mon étendard. Vous offre de ses rangs l'invincible rempart. A vos persécuteurs opposons cet asile. i525 Qu'ils viennent vous chercher sous les tentes d'Achille. Quoi? Madame, est-ce ainsi que "vous me secondez?

1, Se. II et m. Ces deux scènes correspondent aux vers 1545-117ide la pièce grecque, où AchiUe et Clytemnestre sont en même temps en scène

IPHIGÉNIE

Ce n'est que par des pleurs que vous me répondez.

Tous fiez-vûus encore à de si foibles armes?

llatons-nous : votre père a déjà vu vos larmes. i53o

BPHIGÉME.

Je le sais bien, Seigneur : aussi tout mon espoir N'est plus qu'au coup mortel que je Tais recevoir.

ACHILLE

Vous, mourir? Ah! cessez de tenir ce langage. Songez-vous quel serment vous et moi nous engage? Songez-vous, pour trancher d'inutiles discours, i535 Que le bonheur d'Achille est fondé sur vos jours?

IPHIGÉNIE

Le ciel n'a point aux jours de cette infortunée

Attaché le bonheur de votre destinée.

Notre amour nous trompoit ; et les arrêts du sort

Veulent que ce bonheur soit un fmit de ma mort. i54o

Songez. Seigneur, songez à ces moissons de gloire

Qu'à vos vaillantes mains présente la victoire.

Ce champ si glorieux où vous aspirez tous,

Si mon sans: ne l'arrose, est stérile pour vous ^

Telle est la loi des Dieux à mon père dictée. 1545

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