‹ ThéaÌ‚tre choisi de RacineChapitre 168 sur 456 · ACTE V, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II

Fn vain, sourd à Calchas, il 1 avoit rejetée : Par la bouche des Grecs contre moi conjurés Leurs ordres éternels se sont trop déclarés. Partez : à vos honneurs j'apporte trop d'obstacles. Vous-même dégagez la foi de vos oracles ; i55o Signalez ce héros à la Grèce promis ; * Tournez votre douleur contre ses ennemis. Déjà Priam pâlit; déjà Troie en alarmes Redoute mon bûcher, et frémit de vos larmes. Allez; et dans ses murs vides de citoyens, i555 Faites pleurer ma mort aux veuves des Troyens*.

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« Je suis condamnée a mourir et je veux le faire noblement, éloignant toute lâche pensée. Songe ici avec nous, ma mère, combien j'ai raison : toute la Grèce, la noble Grèce, a les yeux sur moi : de moi dépend le départ de la flotte et la ruine de Troie.... Une gloire divine sera mon partage, ayant délivré la Grèce.... Hé quoi! des milliers de soldats en armes, des milliers de rameurs, oseront, pour venger la patrie, attaquer les ennemis et mourir pour la Grèce; et ma vie, la vie d'une seule femme, y ferait obstacle!... Je donne ma vie à la Grèce. Immolez-moi, et détruisez Troie : ce sera le monument éternel de ma mémoire, ce seront là mes enfants, mon hymen et ma gloire. »

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