‹ ThéaÌ‚tre choisi de RacineChapitre 170 sur 456 · ACTE Y, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE Y, SCÈNE II

Vous-même, que retient un devoir si sévèrCj

Quand il vous donne à moi, n'est-il point votre père ?

buivez-vous seulement ses ordres absolus

Quand il cesse de l'être et ne vous connoît plus?

Knfm, c'est trop tarder, ma princesse ; et ma crainte....

IPtIIGÉNIE.

Quoi? Seigneur, vous iriez jusques à la contrainte?

D'un coupable transport écoutant la chaleur.

Vous pourriez ajouter ce comble à mon malheur?

Ma gloire vous seroit moins chère que ma vie ?

Ah ! Seigneur, épargnez la triste Iphigénie. iSgo

Asservie à des lois que j'ai dû respecter,

C'est déjà trop pour moi que de vous écouter.

Ne portez pas plus loin votre injuste victoire ;

Ou par mes propres mains immolée à ma gloire,

Je saurai m'affranchir, dans ces extrémités, iSqS

Du secours dangereux que vous me présentez.

ACHILLLE.

Hé bien ! n'en parlons plus. Obéissez, cruelle,

Et cherchez une mort qui vous semble si belle.

Portez à votre père un cœur où j'entrevoi

Moins de respect pour lui que de haine pour moi. 1600

Une juste fureur s'empare de mon âme.

Vous allez à l'autel, et moi, j'y cours, Madame.

Si de sang et de morts le ciel est affamé.

Jamais de plus de sang ses autels n'ont fumé.

A mon aveugle amour tout sera légitime. i6o5

Le prêtre deviendra la première victime ;

Le bûcher, par mes mains détruit et renversé S *

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