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Enéide, VII

o. Peut-être dans les Tableaux de Philostrate (traduits par Biaise de Vigenère en 1615), où Pradon, dans sa Préface^ dit avoir pris l'idée du rôle de son Aricie,

4, Plu tarque, Vie de Thésée, 31,

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l'histoire*, sans rien perdre des ornements de la fable, qu fournit extrêmement à la poésie. Et le bruit de la mor de Thésée, fondé sur ce voyage fabuleux, donne lieu ; Phèdre de faire une déclaration d'amour qui devient un<j des principales causes de son malheur, et qu'elle n'auroi jamais osé faire tant qu'elle auroit cru que son mari étoi vivant.

Au reste, je n'ose encore assurer que cette pièce soi en effet la meilleure de mes tragédies. Je laisse et au: lecteurs et au temps à décider de son véritable prix, ù que je puis assurer, c'est que je n'en ai point fait où h vertu soit plus mise en jour que dans celle-ci. Le: moindres fautes y sont sévèrement punies. La seuh pensée du crime y est regardée avec autant d'horreur qu( le crime même. Les foiblesses de l'amour y passent poui dB vraies foiblesses 2; les passions n'y sont présentées au: yeux que pour montrer tout le désordre dont elles son cause; et le vice y est peint partout avec des couleurs qu en font connoître et haïr la difformité. C'est là propremen le but que tout homme qui travaille pour le public doit s( proposer; et c'est ce que les premiers poètes tragique: avoient en vue sur toute chose. Leur théâtre étoit un( école où la vertu n'étoit pas moins bien enseignée qu( dans les écoles des philosophes. Aussi Aristote a bien vouli donner des règles du poëme dramatique; et Socrate, h plus sage des philosophes, ne dédaignoit pas de mettre h main aux tragédies d'Euripide 5. Il seroit à souhaiter q\u nos ouvrages fussent aussi solides et aussi pleins d'utile: instructions que ceux de ces poètes. Ce seroit peut-êtri un moyen de réconciUer la tragédie avec quantité d(

1. Comprenez cela au sens aristotélicien et cornélien, c'est-à-dire qu< rhistoire est cause de la vraisemblance; car ce qui est arrivé étai possible, puisque c'est arrivé.

'2. C'est ce que Boileau a relevé dans son Art Poétique, chant III. . 3. Diogène de Laerte, l. V, ch. ii.

PRÉFACE

)ersonnes, célèbres par leur piété et par leur doctrine*, îui l'ont condamnée dans ces derniers temps, et qui en ugeroient sans doute plus favorablement, si les auteurs iongeoient autant à instruire leurs spectateurs qu'à les iivertir, et s'ils suivoient en cela la véritable intention de a tragédie.

1. Les jansénistes. Nicole avait publié en 1659 son Traité de la ]omédie \ le prince de Conti donna le sien en 1666. Il parut en 1672 une )éfense du traité de M. le Prince de Conti, dont l'auteur était l. Voisin, prêtre, docteur en théologie. Enfin Nicole venait de réimirimer son I raite au troisième volume de ses Essais ae Morale (1675).

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