ACTE I, SCÈNE III
ŒNONE
Wil s'il vous faut rougir, rougissez d'un silence i85
aui de vos maux encore aigrit la violence.
Rebelle à tous nos soins, sourde à tous nos discours,
Voulez-vous sans pitié laisser finir vos jours ?
Quelle fureur les borne au milieu de leur course ?
Quel charme ou quel poison en a tari la source? 190
Les ombres par trois fois ont obscurci les cieux
Depuis que le sommeil n'est entré dans vos yeux,
Et le jour a trois fois chassé la nuit obscure
Depuis que votre corps languit sans nourriture*.
L quel affreux dessein vous laissez-vous tenter? igS
De quel droit sur vous-même osez-vous attenter?
Vous offensez les Dieux auteurs de votre vie ;
Vous trahissez l'époux à qui la foi vous lie ;
Vous trahissez enfin vos enfants malheureux,
Que vous précipitez sous un joug rigoureux. 200
Songez qu'un même jour leur ravira leur mère,
Et rendra l'espérance au fils de l'étrangère,
A ce fier ennemi de vous, de votre sang,
tP£u, cceu, tAï|[J.o)v.
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Kpuirxs- xaT' ôaorwv Sà^pua paCvst, %al èTz aiŒXuvTiv oixiia TSTpaitTai. (259-246.)
« Malheureuse! qii'ai-je fait? où me suis-je égarée, loin de la raison? Va été folle, j'ai failli par la colère d'une divinité Ah! ah! malheureuse' Nourrice, ramène mon voile sur ma tété. Je rougis de ce que
I j^ai dit. Couvre ma face. Les larmes tombent de mes yeux, et la honté
! est dans mon regard. »
'•^ 1 Euripide : ... xpixaiav y oiScr' àcrtTOç -fi^pa^ ^""^ : rie; « Voici trois jours qu'elle est sans nourriture, >> Et le chœur:
ché sa boucbe, et que son corps est sans nourriture. .
PHÈDRE
Ce fils qu'une Amazone a porté dans son flanc, Cet Hippolyte....
Ah, Dieux !
ŒNONE
Ce reproche vous touche
PHÈDRE
Malheureuse, quel nom est sorti de ta bouche ?
ŒNONE
Hé bien ! votre colère éclate avec raison * : J'aime à vous voir frémir à ce funeste nom.