ACTE ÏII, SCÈNE IIL
(i^înONE.
n'en faut point douter, je les plains l'un et l'autre; imais crainte ne fut plus juste que la vôtre. B70 ais à de tels affronts pourquoi les exposer? ourquoi contre vous-même allez-vous déposer? 'en est fait : on dira que Phèdre, trop coupable, e son éponx trahi fuit l'aspect redoutable, ippolyte est heureux qu'aux dépens de vos jours 876 ous-mème en expirant appuyiez ses discours.
votre accusateur que pourrai-je répondre? 3 serai devant lui trop facile à confondre, le son triomphe affreux je le verrai jouir, ,t conter votre honte à qui voudra l'ouïr. 880 h! que plutôt du ciel la flamme me dévore! ^ ^ [ais ne me trompez point, vous est-il cher encore? )e quel œil voyez-vous ce prince audacieux?
ouSè Œxoxov cpptcaoucyL tôv HuvepyaTï^y , ^ Tspsfxvd t' olW, [XTi iroTS cpeoyyT,v apri ; 'H{xaç yàp auTO tout' ô.'KOV.'zzivEi, cptXai,
|XTi tcot' av5pa tov £{xôv aicrxùvxcr' à>vÔ}, lir\ TratSaç, ovç è'TivtTOV àlV è)v£u0£poi, irappTycia eà"X"XovT£ç, olxolev r.o'kiv
xlziVOiV 'A6t)VWV, tXT)TpÔç 0'JV£>t' £L)>t>;££CÇ.
AouTvot yàp avSpa, xav 6paaucrTT).ayx;vdc; tlç ti, oxav '^uv£i5t] fXT.Tpôç -î) TcaTpô; xaxà. (il342o.)
« Je hais ces femmes modestes en apparence, qui ont en cachette des audaces honteuses : qui parfois, ô souveraine Cypris, ô fille de la mer, regardent en face leur époux, et ne craignent pas que l'ombre, leur complice, et les murs de leur maison portent témoignage contre elles. Moi, mes amis, c'est de cela que je meurs, de la crainte d'être convaincue et de déshonorer mon mari, mes enfants, les enfants que j ai portés. Mais non, libres, n'ayant rien à cacher, je veux qu'ils habitent L'illustre Athènes, sans reproche du côté de leur mère. Rien ne dégrade un homme, si hardi soit-il, autant que la conscience intime d'une honte palenielle ou maternelle. »
PHËDHE.
PHÈDRE
Je le vois comme un monstre effroyable à mes yeux.
ŒNONE
Pourquoi donc lui céder une victoire entière? 885
Vous le craignez. Osez l'accuser la première
Du crime dont il peut vous charger aujourd'hui.
Qui vous démentira? Tout parle contre lui :
S(^i épée en vos mains heureusement laissée,
Votre trouble présent, votre douleur passée, 890
Son père par vos cris dès longtemps prévenu,
Et déjà son exil par vous-même obtenu ^
Moi, que j'ose opprimer et noircir l'innocence?
ŒNONE
Mon zèle n'a besoin que de votre silence. Tremblante comme vous, j'en sens quelque remords. 89$ Vous me verriez plus prompte affronter mille morts. Mais puisque je vous perds sans ce triste remède. Votre vie est pour moi d'un prix à qui tout cède