ACTE II, SCÈNE III
le sais même, je sais avec quel désespoir
i tout autre intérêt préférant son devoir, 47^
Il courut démentir une mère infidèle,
Et tira de son crime une gloire nouvelle;
Et je ne puis encor ni n'oserois penser
Que ce fils si fidèle ait voulu m'offenser. 47^
Mais tous deux en ces lieux que pouvoient-ils attendre .
L'un et l'autre à la Reine ont-ils osé prétendre?
^vec qui semble-t-elle en secret s'accorder ?
Moi-même de quel œil dois-je ici l'aborder?
Parle. Quelque désir qui m'entraîne auprès d'elle,
Il me faut de leurs cœurs rendre un compte iidele^. 4»o
Qu'est-ce qui s'est passé? Qu'as-tu vu? Que sais-tu.
Depuis quel temps, pourquoi, comment t'es-tu rendu .
ARBATE.
■Seigneur, depuis huit jours l'impatient Pharnace
Aborda le premier au pied de cette place,
Et de votre trépas autorisant' le bruit, ^
Dans ces murs aussitôt voulut être mtroduit.
Je ne m'arrêtai point à ce bruit téméraire^
Et ie n'écoutois rien, si le prince son frère,
Bien moins par ses discours, Seigneur que par ses pleurs
Ne m'eût en arrivant confirmé vos malheurs. 490
MIIHRIDATE.
Enfin que firent-ils?
ARBATE.
Pharnace entroit à peine Uu'il courut de ses feux entretenir la Reine,
1 Autorisant, donnant de l'autorité, accréditant. Le mot «ait très „sUé au xv„. siècle en ce sens et pour signifier donner un droit ou un
prétexte. . - ^ *