ACTE IV, SCÈNE IL
Faut-il que sur le front d'un profane adultère
Brille de la vertu le sacré caractère ?
Et ne devroit-on pas à des signes certains
Reconnoitre le cœur des perlides humains»? io4o
HIPPOLYTE
Puis-je vous demander quel funeste nuage, Seigneur, a pu troubler votre auguste visage? N'osez-vous confier ce secret à ma foi?
THÉSÉE
Perfide, oses-tu bien te montrer devant moi?
Monstre, qu'a trop longtemps épargné le tonnerre, io45
Reste impur des brigands dont j'ai purgé la terre.
<Ï>£U ! •/^pri'^ |5pOTOt(Jt TWV CpÊXwV T£%}J.TjpiOV
cacpsç TtTtsicôat xal StdyvwŒiv cppevwv,
Stcaàç TE cpwvàç itàvTaç àvôpwirouç ^^(eiv,
TTiv jxèv Stxatav, 8' ôirtoç Ixuy^^avev,
u)ç cppovouo-a TàStTc' IÇï^XÉy/STO
Ti^DOç TT,? ôixai'aç, xoux àv T|TTaTa)[X£6a. (925-51.)
« Hélas! il faudrait bien que les hommes eussent un signe et critérium sûr des pensées, pour distinguer le véritable ami de celui qui ne Test pas. II faudrait que chaque homme eut deux langages, l'un sincère, l'autre de circonstance, afin qu'on pût convaincre la voix des mauvais sentiments par la voix de la justice : ainsi l'on ne serait pas trompé. »
Mais Racine a peut-être mëie avec ces Vers aans son souvenir Texpres- 5ion que la même pensée avait reçue dans hédé-e :
Zsu, TL Bti xpuaou (xèv, 8ç x(657)>.o<; ^, TÊXfXïipt' dvôpwTtotaw wirao-aç cracc-î).
àvSpôîv o' oTo) "^^^ xaxôv SistSsvat, oôSslç ^apaxTiip Êfxirlauxs <Ta){jLaTt ; (516-519.) « 0 Zeus! Pourquoi as-tu donné aux hommes dos moyens sûrs de connaître l'or de mauvais aloi, si. pour faire connaître le méchant, tu n'as imprimé aucun signe sur le corps des hommes? »
PHÈDRE
Après que le transport d'un amour plein d'horreur
Jusqu'au lit de ton père .a porté sa fureur
Tu m'oses présenter une tête ennemie*,
Tu parois dans des lieux pleins de ton infamie, io5o
Et ne vas pas chercher, sous un ciel inconnu,
Des pays où mon nom ne soit point parvenu.
Fuis, traître. Ne viens point braver ici ma haine,
Et tenter un courroux que je retiens à peine.
C'est bien assez pour moi de l'opprobre éternel io55
D'avoir pu mettre au jour un fils si criminel,
Sans que ta mort encor, honteuse à ma mémoire,
De mes nobles travaux vienne souiller la gloire.
Fuis ; et si tu ne veux qu'un châtiment soudain
T'ajoute aux scélérats qu'a punis cette main, 1060
Prends garde que jamais l'astre qui nous éclaire
Ne te voie en ces heux mettre un pied téméraire.
Fuis, dis-je; et sans retour précipitant tes pas,
De ton horrible aspect purge tous mes États*.
Et toi, Neptune, et toi, si jadis mon courage^ io65 D'infâmes assassins nettoya ton rivage,