IX. Les caractères
PRÉFACE
La célèbre maison de Saint-f^.yr ayant été principalement établie pour élever dans la, piété mv fort grand nombre» de jeunes demoiselles rassemblées de tous les endroits du royaume, on n'y a rien oublié de tc«t ce qui pouvoit contribuer à les rendre capables de servir Dieu dans les différents états où il lui plaira de les appeler^. Mais en leur montrant les choses essentielles et nécessaires, on ne néglige pas de leur apprendre celles qui peuvent servir à leur polir l'esprit et à leur former le iugement. On a imaginé pour cela plusieurs moyens, qui sans les détourner de leur travail et de leurs exercices ordinaires, les instruisent en les divertissant. On leur met pour ainsi dire, à profit leurs heures de récréation. On leur fait faire entre elles, sur leurs principaux devoirs, des conversations ingénieuses^ qu'on leur a composées exprès ou qu'elles-mêmes composent sur-le-champ. On les fait parler sur les histoires qu'on leur a lues ou sur les importantes vérités qu'on leur a enseignées. On leur lait réciter par cœur et déclamer les plus beaux endroits des meilleurs poètes. Et cela leur sert surtout à les défaire de
2 Ra'dne'^èst" trop profondément chrétien pour ne pas considérer, selon la doctrine de rÉglise, tous les états de la vie humame comme
i:"Mm:rMrt~:ai-t demandé à Mlle de Scudéry des modèles de conversations, que les jeunes filles apprenaient et récitaient. Ll. télMrEiiratU dl lettrei et des entreUon» de Mm. d« MamUnon sur l'édit cation.
PRÉFACE
quantité de mauvaises prononciations qu'elles pourroient avoir apportées de leurs provinces. On a soin aû sTde fa.re apprendre à chantera celles qui ont de la vok" on ne leur laisse pas perdre un talent qui les peut amuser innocemment, et qu'elles peuvent employer un Z I chanter les louanges de Dieu '
ava^ntir/'"^"'' P'^^/^-^^f-^^t^ vers de notre langue ayant ete composes sur des matières fort profanes» et
mollefpf P^''"'^^ extrêmement
molles et eflfemmees^ capables de faire des impressions
tTonUr ^-/«i«"--«P"ts, les personnes'illuslrë qui ont bien voulu prendre la principale direction de cette maison ont souhaité qu'il y eût quelque ouvrage qui sans avoir t^ous ces défauts, pût produire une partie de ces bons effets. Elles me firent l'honneur de me Lmmun que leur dessein, et même de me demander si je ne pourrais pas faire, sur quelque sujet de piété, de morale Tne espèce de poème où le chant fût mêlé avec le récit î; toît
ÏoaWe dvV'°" P'"-^ ^'^^ moin«
capame a ennuyer.
cett'r.r'^'f ' " ^"j«'>'Esther, qui les frappa d'abord, cette histoire leur paroissant pleine de grandes leçons d amour de Dieu, et de détachement du m'onde au mS du monde même. Et je crus de mon côté que je trouv^S assez de facilité à traiter ce sujet; d'autant plu qu'il me sembla que, sans altérer aucune des circonstances taît sou peu considérables de l'Écriture sainte, ce quTseroit
tendre" otZ M °" <î"« des vers
V piln, r P'^"'«-,<î"ant a la musique dramatique, à ronéra. Tamour y régnait plus absolument encore que dsns la tragédie.
PRÉFACE
à mon avis, une espèce de sacrilège', je pourrois remplir toute mon action avec les seules scènes que D.eu Immpme Dour ainsi dire, a préparées.
J^ntrepHs donc la chose, et je m'aperçus qu en travaillant sur le plan qu'on m'avoit donné, j'execulois^ en nuelaue sorte L dessein qui m'avoit souvent passe dans fesS quï étoit de lier, comme dans les anciennes tralédL grecques, le chœur et le chant avec l'action, et dïmplofer 'Sa^er les louanges du vrai Dieu cette part^ du chœur que les païens employoïent a chanter les Imianffes de leurs fausses divinités.
A dire îai, je ne pensois guère que la chose dut elr aussi publique qu'elle l'a été. Mais les grandes ventes de lier tSïe et la'manière sublime dont elles y sont enoncéeT pou; peu qu'on les présente, même imparfaitement aux yeux des' hommes, sont si propres à les frapper; e d'aiuEces jeunes demoiselles ont déclamé et chante cet i raravec^ tant de grâce, tant de modestie et tant de S qi^il n'a pas été possible qu'il demeurât renfernie dansle secret de leur maison. De sorte qu'un divertissement d'eXts est devenu le sujet de Ve^essemen de toute la cour; le Roi l^-'^ême, qui en avoit ete touche^ «'avant nu refuser à tout ce qu'il y a de plus granas sei Leu^^^de les Y mener, et ayant eu la satisfaction de voir, par ?rplaisfr u'iîs y ont'pris,\u'on se Peut -ssi .en -^^^ tir aux choses de piété qu'à tous les «Pe^tac ^^rof^^^^^
Au reste quoique j'aie évité soigneusement de meier le pir?v;c'le sacri,i'ai cru néanmoins que je po™ emprunter deux ou trois traits d'Hérodote PO^J m^^"^ neindre Assuérus. Car j'ai smvi le sentiment de plusieurs LTan s interprètes de l'Écriture, qui tiennent que ce ro. e^le même que le fameux Darius, fils d'Hystaspe, dont
examen
PRÉFACE
nr^îvf!' H '•apportent quantité d.
ïrT \ t ^"«'^"es-unes me paroissent des démons- Rations'. Mais .,e n'ai pas jugé à propos de croire cf même Hérodote sur sa parole, lorsqu'il dit que les Per^e' n elevo.ent m temples, ni autels, ni statues à leurs dieux-'" et quils ne se servoient point de libations dans leur= sacntices. bon témoignage est expressément détruit par .Ecriture, aussi bien que par Xénophon, beaucoup mieux instruit que lui des mœurs et des affaires de la Perse, et enfin par Quinte-Curce"'.
On peut dire que l'unité de lieu est observée dan« cette pièce, en ce que toute l'action se passe dans le palais d'.4ssuerus. Cependant, comme on vouloit rendre ce divertissement plus agréable à des enfants, en jetant quelque variété dans les décorations, cela a été cause que je
Sacin;i;f!\?'''^. ^'T ' particulièrement en vue M. de
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