SCENE n
ESTHER. ÉUSI, Q^(^m
UNE PIS iSRA^ljlTES chante derrière le théâtre^
Ma sœur, quelle voix nous appelle? ii5
UNE AUTRE
J'en reconnoîs les agréables sons, est la Reine.
TOUTES PÇUX.
Courons, mes sœurs, obéissons.
La Reine nous appelle :
Allons, rangeons-nous auprès d*elle.
TOUT LE CHŒUR entrait sur la scène par plusieurs encîi'oili différents.
La Reine nous appelle :
Allons, rangeons-nous auprès d'elle.
ÉLISE
el! quel nombreux essaim d'innocentes beautés
î)flre à mes yeux en foule et sort de tous côtés î
lelle aimable pudeur sur leur visage est peinte!
ospérez, cher espoir d'une nation sainte. laS
lissent jusques au ciel vos soupirs innocents
mter comme l'odeur d'un agréable encens M
le pieu jette sur vous des regards pacifiques.
ESTHIR.
ïs filles, chantez-nous quelqu'un de ces cantiques
l. D'un agréable encens. Louis Racine a rapproché de ces vers le rset 2 du psaume Cil Dirigatur oratio mea sicut incensum in contctu tuo. « Que ma prière s'élève devant toi comme l'eoceus. «
ESTHER
Où vos voix si souvent se mêlant à mes ptews pleurs De là triste Sion célèbrent les malheurs.
UNE ISRAÉLITE «^eule « hante P Déplorable Sion. qu'as-tu fait de ta gloire?
Tout runivers adniiroil ta splendeur :
Tu n'es pins que poussière; et de celte gran.deur Il ne nous reste plus que la triste mémoire. Sien, jusques au ciel élevée autrefois,
Jusqu'aux enfers maintenant abaissée, Puissé-je demeurer sans voix.
Si dans mes chants ta douleur retracée Jusqu'au dernier soupir n'occupe ma pensée*! il
TOUT LK CHŒUR
0 rives du Jourdain ! 6 chants aimés descieux*! Sacrés monts, ferlsles vallées, Par cetit miracles signalées l Du doux pays' de nos aïeux Serons- nous toujours exilées? «i!
1. Adhserffit Ungun m^a fnncthm mets , si non meminero fui, si ne lie prospos lie ro Jérusalem tu prinn /uo liPtitisB mex. {Psaumes, CXXXVHJ
Que ma langue >e co'le à m<»n palais, si je ne me souviens de loi, je ne fais de .lérusHiem le prmcipal siijei de ma joie, o
2. 0 champs nMs <! es ciimx! « M A. Co«|uerel. dans son Comme taire biblique sur Esfher, blâme ô champs aimés des deux! l\ voit da; celle phrase une association d'idées contraire à tout l'ensemble d^ principes de la foi juive et dont la Bible n'offre pas un exemple. (M. P. Mesnard.) Il se peut que les Juits n'aienl jamais dit le ciel ou / deux pour liieu : mais les chroiiens le disent; et Hacine lit la Bib en chrétien. Il ne sépare pas PAncieii Tcst:imf»nl du Nouveau et il appris dès Tenfance à répéter la pnère enseignée par le Christ : Pal nos ter qui es in csslis.
3. C'est ie mot qui convient naturellemerfl à la bouche des exiléi
Et dntces moriens remmiscitur Argos.
(Virgile, Énéide.)
^ En mourant, il revit sa douce Argos. •