‹ ThéaÌ‚tre choisi de RacineChapitre 292 sur 456 · ACTE I, SCËr^E I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCËr^E I

iusE.

*î*avez-vous point au Roi confié vos ennuis?

ESTHER

Roi, jusqu'à ce jour, ignore qui je suis 9e lelui par qui le cieJ règle ma destinée >ur ce secret encor lient ma langue enchaînée*.

ÉLISE

[ardochce? lié! peut-il approcher de ces lieux*?

on amitié pour moi le rend ingénieux, bsent, je le consulte; et ses réponses sages gS our venir jusqu'à moi trouvent mille passages, n père a moins de soin du salut de son fils, éjà môme, déjà par ses secrets avis ai découvert au tîoi les sanglantes pratiques ue formuient contre lui deux ingrats domestiques. loo Bpendant mon amour pour notre nation rempli ce palais de tilles de Sion.

junes et tendres fleurs, par le sort agitées, )us un ciel étranger comme moi transplantées.

1. Necdum prodidemt Esther pntriam et populumsuum, juxta manihim ejus. Quutquid enim iUe prmctpu bat^ ubservabnt Esiker; et ita ncta fncirbat. ut eo tempore aolita eral^ quo eam parvntam nulrie't. {Esther, II, 20.) « Estiier n'avait point encore révélé sa patrie et

nation, selon l'ordre de M-irdoctiee. Elle taisait tout ce qu'il lui mmandail. et elle coiiimiiait de lui obéir en tout, comme ellelaisait

temps de son e . tance, lorsqu'il la nourn>sail. • î. Approcher df ces tt^ux. Ce »ers, avec la léponse qu'il amène, «st e précaution que prend Racine contre les spectateurs el m» litre les critiques de métier, loujour& prompU en Frauce à chic«iuer \ âuieuri sur la vratiieiuliiaiioe.

ESTHER

Dans un lieu séparé de profanes témoins,

Je mets à les former mon étude et mes soins*;

Et c'est là que fuyant Torgueil du diadème*,

Lasse de vains honneurs, et me cherchant moi-même,

Aux pieds de l'Éternel je viens m'humilier,

Et goûter le plaisir de me faire oublier. f

Mais à tous les Persans je cache leurs familles.

Il faut les appeler. Venez, venez, mes filles,

Compagnes autrefois de ma captivité,

De l'antique Jacob jeune postérité'.

1. Mon élude et mes soins. • Lorsque Râcine transforme un coin ài * palais d'Assuérus en une sorte de Saint-Cyr, où la reine se platt former eUe-mêmc des jeunes filles, il n'est pas besoin d'avertir i lecteur qu'il n'y a rien de semblable à chercher dans l'Ecriture. 0( n'oserait pas toutefois se plaindre d'une fiction poétique si gracieusè < si délicate, d'une si aimable flatterie, que suffirait à excuser l'à-propo dans une pièce représentée par les jeunes filles de Mme de Maintenon. (Note de M. P. MesnaM.) — Esiher avait sept jeunes filles attachées àsci service, septem puellas speciosissimas de domo Régis (Esther^ II, 9) ! mais étaient-elles Juives? Cela est fort invraisemblable. — Mais cellesH ne se cachaient-elles pas aussi ? Tant de déguisements seraient bic* difficiles à admettre. — Mais Esther dit, lorsque Mardochée lui ordonc d'aller trouver le Roi, ^u'elle s'y préparera en jeûnant avec se jg] femmes. Ego cum ancillis meis... jejunabo {Esther, IV, 16). Ne faut-; point quelles soient Juives? Oui, s'il s'agit d'un jeûne ordinaire < rituel. Mais ici le jeûne de la reine est une préparation à une grand* UÊ démarche, et ses femmes jeûneront pour elle, et non pour 1er fo compte, comme esclaves, et non comme Juives. Hj

2. L'orgueil du diadème. Ainsi Mme de Mainlenon venait oublier Saint-Cyr l'ennui et les tracas de Versailles.

3. Jeune poslérilé. Heureuse traduction du premier vers de VŒdip^ Uf Roi de Sophocle :

"û xé%va, KàôpLOU toO icdXdtt véà Tpoçii* « 0 mes enfants, jeunes rejetons de l'antique Cadmus. •

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