SCÈNE VI
ASSUÉRUS, ESTHER, AMAN, ÉLISE, gardes, le €hœur.
ASSUÉRUS
Quoi? le traître sur vous porte ses mains hardies
Ah î dans ses, yeux confus je lis ses perfidies;
Et son trouble, appuyant la foi de vos discours, 1170
De tous ses attenlals me rappelle le cours.
Qu'à ce monstre à l'inst^mt l'àme soit arrachée;
Et que devant sa porte, au lieu de Mardochée,
Apaisant par sa mort et la terre et les cieux,
De mes peuples vengés il repaisse les yeux 2. n^S
{Aman, est eiiiiiiené par les Gardes.)
1. Aman quoque surrexit ut rognret Esther reçjmam pro anima ii%ia : intellexit euim a Rt-ge sibi paralutn maium. — Qui cum reversus esset de hurto nemonbus cuii.sito, et ùitrnssci convlvit locum, reperit Aman super leclnlum corruisse, in qiio jacebal Estker, et ait : Etiam Reyinam vulL oppnmere, me présente, in lumo mea. {Esther, VU, 7, 8.) « Aman aussi se leva, voulant implorer Esther pour sa vie : car il comprit que le roi le destinait au supplice. Assurrus, rentrant du jardin planté d'arbres et revenant dans la salle du festin, trouva Aman qui s't'tait jeté sur le lit où Esther était couchée, et dit : Ainsi, il veut encore faire violence à la Reine, sous mes yeux, dans ma maison. »
2. DixUque Harbona, unus de eiiniichis qui stabanl in ministerio régis : En lignum quod paraverat Mardochœb qui Locuius est pro Rege, stat in domo Aman, habens aliiiudinis quinquaginla cubitus. Gui di.ril Rex : AppendUe eum in eo. {Esther, VII, 9.) « Et lîarbona, un des eunuques qui servaient le Roi, dit : Voilà le gibet qu'il avait fait dresser pour Mardochée, celui qui parla pour sauver le Roi. Il est devant la maison d'Aman, et il a cinquante coudées de haut. JLe Roi dit : Qu'oa l'y pende. »