‹ ThéaÌ‚tre choisi de RacineChapitre 35 sur 456 · ACTE lïl. SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE lïl. SCÈNE I

C'est là qu'en arrivant, plus qu'en tout le chemin, Vous trouverez partout l'horreur du nom romain, Et la triste Italie encor toute fumante • 8i5 Des feux qu'a rallumés sa liberté mourante*. Non, Princes, ce n'est point au bout de l'univers Que Rome fait sentir tout le poids de ses fers; Et de près inspirant les haines les plus fortes, Tes plus grands ennemis, Rome, sont à tes portes. 820 Ah! s'ils ont pu choisir pour leur libérateur Spartacus, un esclave, un vil gladiateur"^, S'ils suivent au combat des brigands qui les vengent. De quelle noble ardeur pensez-vous qu'ils se rangent Sous les drapeaux d'un roi longtemps victorieux, 826 Qui voit jusqu'à Cyrus remonter ses aïeux 3?

1. La guerre Sociale était terminée depuis vingt-cinq ans. Diodore rapporte que les alliés avaient demandé le secours de Mithridate. Justin lait dire au roi, dans le discours que j'ai déjà cité : Jam ipsam lialiam niidire se rmnquam, ut Roma condita sit, satis illi pacaiam, sed assidue per omnes annos pro liberiate alios, quosdam etiam pro jure imperii bcllis continuis per^severasse.... Ac ne veieribus immoremur exemplis, hoc ipso tempnre universam Italiam bello Marsico consurrexisse^nonjam libertatem^sed consorthim imperii civitatisque posceniem. (y^W^lU,

« Je sais que l'Italie même, depuis la fondation de Rome, n'a jamais été tout à fait pacifiée et soumise; mais constamment, chaque année, la guerre s'est renouvelée, les uns défendant leur liberté, d'autres même disputant l'empire.... Pour ne point m'arrêter aux exemples anciens, en notre temps même, toute l'Italie s'est levée pour la guerre desMarses, et ce n'est plus la liberté qu'elle voulait, c'était le partage de l'empire et l'entrée dans la cité. »

2. « Appien {Guerre de Mithridate, ch. cxix) a suggéré à Racine plusieurs des idées de ce discours. Mithridate savait, dit-il, que presque tous les Italiens, associés dans leur haine, s'étaient naguère révoltés contre Rome, lui avaient fait une longue guerre et avaient même soutenu contre eux Spartacus, un gladiateur méprisé : SitapTaxw

(Note de M. Paul Mesnard.) La guerre de Spartacus dura de 75 à 71.

3. Mithridate rappelle aussi, dans son discours à ses soldats (Justin, 1, XXXViîI, ch. VI), qu'il descend d©|pyrus ; SB,„„clartoretn illa colluvie mnmmrum me^ qui paUrnoB majprm mm a Cyro DariQque, cmdito^

MITHRIMTE.

Que dis-je? En quel état croyez-vous k surprendre?

Vide de légions qui la puissent défendre

Tandis que tout s'occupe à me persécuter,

Leurs femmes, leurs enfants pourront-ils m'arrêter? 83o

Marchons; et dans son sein rejetons cette guerre Que sa fureur envoie aux deux bouts de la terre. Attaquons dans leurs murs ces conquérants si fiers ; Qu'ils tremblent, à leur tour, pour leurs propres foyers. Annibal l'a prédit, croyons-en ce grand homme, 835 Jamais on ne vaincra les Romains que dans Rome^ Noyons-la dans son sang justement répandu. Brûlons ce Capitole où j'étois attendu.

Détruisons ses honneurs, et faisons disparaître La honte de cent rois, et la mienne peut-être ; 840 Et la flamme à la main effaçons tous ces noms Que Rome y consacroit à d'éternels affronts.

Yoilà l'ambition dont mon âme est saisie. Ne croyez point pourtant qu'éloigné de l'Asie J'en laisse les Romains tranquilles possesseurs. 845 Je sais où je lui ddis trouver des défenseurs. Je veux que d'ennemis partout enveloppée, Rome rappelle en vain le secours de Pompée.

rihus Persici regni, maternos a magno Alexandro ûc Nicatôre Seleuco conditoribus imperii Macedonici, referai. « Ne suis-je pas phis noble que ce ramas de vagabonds, moî qui fais remonter mes aïeux paternels à Gyrus et Darius, les fondateurs de Tempire Perse, mes aïeUx maternels au grand Alexandre et à Seîeucus Nicator. les fondateurs de l'empife macédonien. » Appien [Guerre de Mithridate, Ch. cxii) dit que Mithridate etPit le seizième descendant de Darius, fils d'Hystaspe. Darius avait épousé une fille de Gyrus. Suivant Florus (1. III, ch. v), Artabaze, ancien roi de Pont, descendait des sept conjurés perses: Avtabai.es à Septem Persis oriundus. On dit que cet Artabaze oii Artàba;«ane, un des âftcètres de Mithridate, était fils de Darius, et reçut le royaume de Pont comme consolation de la préférence qui avait été doi^ée pour celui de Péf Se à son frère Xerxès. » (Note de 31. Paul Mesnaf*d.)

1. « Il avait entendu^ dit Appien [Querré de Mitkridàté, ch. cfx)^ qlie cette résolution [de porter la guerre en Italie) ôvàit réussi à Annibâl

que jiar là il s'était rendu Ja terrêUr du peuple romaîft, » '

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