ACTE I, SCENE ï
Et de toute vertu zélé persécuteur.
C'est peu que le front ceint d'une mitre étrangère,
Ce lévite à Bavil prête son ministère * : 40
Ce temple l'importune, et son impiété
Voudroit anéantir le Dieu qu'il a quitté.
Pour vous perdre il n'est point de ressorts qu'il n'invente ;
Quelquefois il vous plaint, souvent même il vous vante 2 ;
Il affecte pour vous une fausse douceur, 45
►Et par là de son fiel colorant la noirceur.
Tantôt à cette reine il vous peint redoutable,
Tantôt, voyant pour l'or sa soif insatiable.
Il lui feint qu'en un lieu que vous seul connoissez,
Vous cachez des trésors par David amassés. 5o
Enfin depuis deux jours la superbe Athalie
Dans un sombre chagrin paroît ensevelie.
Je l'observois hier, et je voyois ses yeux
Lancer sur le heu saint des regards furieux.
Comme si dans le fond de ce vaste édifice 55
Dieu cachoit un vengeur armé pour son supphce.
Croyez-moi, plus j'y pense, et moins je puis douter
3ue sur vous son courroux ne soit prêt d'éclater,
li que de Jézabel la fille sanguinaire
"^e vienne attaquer Dieu jusqu'en son sanctuaire. 60
JOAD
k'Mi qui met un frein à la fureur des flots iait aussi des méchants arrêter les complots, ioumis avec respect à sa volonté sainte, e crains Dieu, cher Abner, et n'ai point d'autre crainte, jlependant je rends grâce au zèle officieux 65
1. L'Ecriture nomme Mathan prêtre de Baal. Le caractère d'apostat st une fiction de Racine : il a, dans ses Notes manuscrites sur Athalie^ scueilli divers passages des livres saints qui l'autorisaient à supposer apostasie d'un prêtre.