‹ ThéaÌ‚tre choisi de RacineChapitre 375 sur 456 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

Ici tous les objets * vous blessent, vous irritent. Abandonnez ce temple aux prêtres qui l'habitent ; Fuyez tout ce tumulte, et dans votre palais A vos sens agités venez rendre la paix. •

ATHALIE

rNofi je ne puis : tu vois mon trouble et ma foiblesse. 435 Va, fais dire à Mathan qu'il vienne, qu'il se presse, Heureuse si je puis trouver par son secours Cette paix que je cherche et qui me fuit toujours.

(Elle s'assied.)

ATHALIE, ABNER, etc.

ABNER

Madame, pardonnez si j'ose le défendre.

Le zèle de Joad n'a point dû vous surprendre. 4^0

Du Dieu que nous servons tel est l'ordre éternel.

Lui-même il nous traça son temple et son autel.

Aux seuls, enfants d'Aaron commit ses sacrifices.

Aux lévites marqua leur place et leurs offices,

Et surtout défendit à leur postérité 44^

Avec tout autre dieu toute société.

Hé quoi? vous de nos rois et la femme et la mere,

Êtes-vous à ce point parmi nous étrangère?

icrnorez-vous nos lois? Et faut-il qu'aujourd'hui....

Voici votre Mathan, je vous laisse avec lui ^. 45o

1 Objets : ce qui est sous les yeux, tout ce que vous voyez.

2 « Votre n'est pas assez respectueux dans la bouche d un sujet pariant à sa reine; il n'est pas d'ailleurs convenable au caractère donné à Abner. » [Sentiments de V Académie.) Ces deux raisons sont fausses.

ATHALÏE.

ATHILIE.

Votre présence, Abner, est ici nécessaire. Laissons là de Joad l'audace téméraire, Et tout ce vain amas de superstitions Qui ferment votre temple aux autres nations. Un sujet plus pressant excite mes alarmes. Je sais que dès l'enfance élevé dans les armes, Abner a le cœur noble, et qu'il rend à la fois Ce qu'il doit à son Dieu, ce qu'il doit à ses rois. Demeurez.

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