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SCÈNE PREMIÈRE ZACHARIE, SALOMITH, le Chœdr

SALOMITH.

Cher Zacharie, hé bien? que nous apprenez-vous*? i5io

ZACHARIE

Redoublez au Seigneur votre ardente prière. Peut-être nous touchons à notre heure dernière. Pour l'horrible combat, ma sœur, l'ordre est donné.

SALOMITH.

Que fait Joas?

ZACHARIE

Joas vient d'être couronné.

Le grand prêtre a sur lui répandu l'huile sainte 2. i5i5 0 ciel! dans tous les yeux quelle joie étoit peinte A l'aspect de ce roi racheté du tombeau ' Ma sœur, on voit encor la marque du couteau.

1. Ce vers a sa rime à la fin du 4* acte : ainsi est marquée la continuité de l'action dont parle Racine dans sa Préface.

2. Unxit qiioque illum Joïada pontifex et filii ejus. {II Paralij)., 23, 11.) « Le grand prêtre Joïada et ses fils lui donnèrent l'onction. »

ATHALIE

On voit paroître aussi sa fidèle nourrice,

Qui cachée en un coin de ce vaste édifice, i52o

Gardoit ce cher dépôt, et n'avoit de ses soins

Que les yeux de ma mère et que Dieu pour témoins.

Nos lévites pleuroient de joie et de tendresse.

Et mêloient leurs sanglots à leurs cris d'allégresse.

Lui, parmi ces transports, affable* et sans orgueil, iSaS

A l'un tendoit la main, /latloit l'autre de l'œil,

Juroit de se régler par leurs avis sincères,

Et les appeloit tous ses pères ou ses frères.

SALOMITH.

Ce secret au dehors est-il aussi semé?

ZACHARIE

Ce secret dans le temple est encor renfermé. i53o

Des enfants de Lévi la troupe partagée

Dans un profond silence aux portes s'est rangée.

Tous doivent à la fois précipiter leurs pas,

Et crier pour signal : (( Vive le roi Joas^! »

Mais mon père défend que le Roi se hasarde, i^35

Et veut qu'Azarias demeure pour sa garde.

Cependant Athalie, un poignard à la main,

Rit des foibles remparts de nos portes d'airain.

Pour les rompre, elle attend les fatales machines.

Et ne respire entin que sang et que ruines. 1^4^

Quelques prêtres, ma sœur, ont d'abord proposé

Qu'en un lieu souterrain, par nos pères creusé,

On renfermât du moins notre arche précieuse.

(( 0 crainte, a dit mou père, indigne, injurieuse.

1. Affable: ce mot, ancien dans la langue, était considéré comme vieux, et rejeté par Patru Bouhours l'approuvait, au contraire, dans ses Remarques nouvelles ilb82).

2. Dixerunt : Vivat Rex. {il Paralip., 25, 11.) « Us dirent : Vive le Roi ! »

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