ACTE IV, SCÈNE Vl
UNE VOIX seule.
C'est à toi que dans cette guerre Les flèches des méchants prétendent s'adresser. (( Faisons, disent-ils, cesser
Les fêtes de Dieu sur la terre*. i48c De son joug importun délivrons les mortels. Massacrons tous ses saints. Renversons ses autels.
Que de son nom, que de sa gloire
11 ne reste plus de mémoire ; .Que ni lui ni son Christ ^ ne régnent plus sur nous. )) i485
TOUT LE CHŒUR
OÙ sont les traits que tu lances, Grand Dieu, dans ton juste courroux?
N'es-tu plus le Dieu jaloux?
N'es-tu plus le Dieu des vengeances?
UNE VOIX seule.
Triste reste de nos rois, 1490 Chère et dernière fleur d'une tige si belle, Hélas ! sous le couteau d'une mère cruelle Te verrons-nous tomber une seconde fois? Prince aimable, dis-nous si quelque ange au berceau Contre tes assassins nrit soin de te détendre; 149^
Ou si dans la nuit du tombeau La voix du Dieu vivant a ranimé ta cendre.
UNE AUTRE
D'un père et d'un aïeul contre toi révoltés,
1. Dixerunt in corde suo... quiescere faciamus omnes (lies festos Dei a terra. {Ps., 73, 8.) « Ils dirent en leur cœur : faisons cesser les fêtes de Dieu sur la terre. »
2. Christ : Ce mot annonce Joas qui va être oint (;(picTd(;) aussi bien que Jésus.
AÎHALIE.
Grand Dieu, les attentats lui sont-ils imputés»?
Est-ce que sans retour ta pitié l'abandonne? i5.
LE CHŒUR
OÙ sont, Dieu de Jacob, tes antiques bontés? N'es-tu plus le Dieu qui pardonne?
UNE DES FILLES DU CHŒUR, sans chanter.
Chères sœurs, n'entendez-vous pas Des cruels Tyriens la tronipette qui sonne?
SALOMITH.
J'entends même les cris des barbares soldats, i5o5 Et d'horreur j'en frissonne.
Courons, fuyons; retirons-nous
A l'ombre salutaire Du redoutable sanctuaire.
i. Imputés : terme théologique. (Cf., par ex., le commencement de la 4' Provinciale.)
KIN DU QUATRIÈME ACTE