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ACTE V, SCÈNE II

ABNER

Et tout l'or de David, s'il est vrai qu'en effet

Vous gardiez de David quelque trésor secret, iSgo

Et tout ce que des mains de cette reine avare

Vous avez pu sauver et de riche et de rare,

Donnez-le. Voulez-vous que d'impurs assassins

Viennent briser l'autel, brûler les chérubins*.

Et portant sur notre arche une main téméraire, iSgS

De votre propre sang souiller le sanctuaire?

jOAD.

Mais siéroit-il, Abner, à des cœurs généreux

De livrer au supplice un enfant malheureux,

Un enfant que Dieu même à ma garde confie,

Et de nous racheter aux dépens de sa vie? 1600

^ ABNER

^ Hélas ! Dieu voit mon cœur. Plût à ce Dieu puissant

Qu'Athalie oubhât un enfant innocent,

Et que du sang d'Abner sa cruauté contente

Crût calmer par ma mort le ciel qui la tourmente !

Mais que peuvent pour lui vos inutiles soins? i6o5

Quand vous périrez tous, en périra-t-il moins?

Dieu vous ordonne-t-il de tenter l'impossible?

Pour obéir aux lois d'un tyran inflexible,

Moïse, par sa mère au Nil abandonné, < Se vit presque en naissant à périr condamné; 1610

Mais Dieu le conservant contre toute espérance,

Fit par le tyran même élever son enfance.

Qui sait ce qu'il réserve à votre ÉHacin,

1. L'autel est soit l'autel de l'holocauste, placé dans le vestibule, soit plutôt l'autel de l'enceas : altare aureum in quo adoletur incensiim, coram arca testimonii. « L'autel d'or où brûle l'encens, devant l'arche du témoignage. » [Exode, 40, 5.) — Les deux Chérubins d'olivier, hauts de dix coudées, couvraient l'arche de leurs ailes.

ATHALIE

Et si lui préparant un semblable destin. Il n*a point de pitié déjà rendu capable De nos maliieureux rois l'homicide implacable? Du moins, et Josabet, comme moi, l'a pu voir, Tantôt à son aspect je lai vu* s'émouvoir; J'ai YU de son courroux tomber la violence. Princesse,- en ce péril vous gardez le silence? Hé quoi? pour un enfant qui vous est étranger SoutlVez-vous que sans fruit Joad laisse égorger Vous, son llls. tout ce peuple, et que le feu dévore Le seul lieu sur la terre où Die^i veut qu'on l'adore? Que feriez-vous de plus, si des rois vos aïeux ' e jeune enfant étoit un reste précieux?

jir>ABET, M)Uî Das a Joad.

Pour le sang de ses rois vous voyez sa tendresse : Que ne lui parlez-vous?

JOAD

Il n'est pas temps. Princesse.

ABXER.

Le temps est cher. Seigneur, plus que vous ne pensez. Tandis qu'à me répondre ici vous balancez, i63a Mathan près d'Athalie étincelant de rage. Demande le signal et presse le carnage. Faut-il que je me jette à vos sacrés genoux? An- nom du Fieu si saint qui n^est ouvert qu» vous^. Lieu terriWû où de Dieu la majesté repose, 1655 ijuelque dure que soit ta loi qu'on vous imp^.

1 « n faut je rai vue en parlant d'Alhalie : on a condamné tout d'une voii jf rai rie. » ^Sentimeni^ de i Académie.) C est qiK les académiciens de ce temps coMiais>ai«nt mal I histoire de la langue. <tf. Ao/es gravi maticnUs.) , r i

t. Le saint des saints où l*^ «rand prêtre entrait seul une fois l an, le jour de la Propitiation.

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