‹ ThéaÌ‚tre choisi de RacineChapitre 430 sur 456 · ACTE V, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II

De ce coup imprévu songeons à nous parer. Donnez-moi seulement le temps de respirer. , Demain, dès cette nuit, je prendrai des mesures Pour assurer le temple et venger ses injures. i64o Mais je vois que mes pleurs et que mes vains discours Pour vous persuader sont un foible secours : Votre austère ve^tu n'en peut être frappée. Hé bien! trouvez-moi donc quelque arme, quelque épée; Et qu'aux portes du temple où l'ennemi m'attend, i645 Abner puisse du moins mourir en combattant.

JOAD

Je me rends. Vous m'ouvrez un avis que j'embrasse. De tant de maux, Abner, détournons la menace. Il est vrai, de David un trésor est restée La garde en fut commise à ma fidélité. i65o C'étoit des tristes Juifs l'espérance dernière, * Que mes soins vigilants cachoient à la lumière. Mais puisqu'à votre reine il faut le découvrir, Je vais la contenter, nos portes vont s'ouvrir. De ses plus braves chefs qu'elle entre accompagnée; î655 Mais de nos samts autels qu'elle tienne éloignée D'un ramas d'étrangers l'indiscrète fm^eur. Du pillage du temple épargnez-moi l'horreur. Des prêtres, des enfants lui feroient-ils quelque ombre ^? De sa suite avec vous qu'elle règle le nombre. 1660 Et quant à cet enfant si craint, si redouté. De votre cœur, Abner, je connois l'équité.

1. Racine s'est préoccupé dans ses Notes manuscrites de répondre h ceux qui lui reprocheraient cette fourberie d'un grand prêtre. Il citt DieutrompantPharaon; Jésus, saint Laurent usant de paroles équivoques. La meilleure réponse est que la ruse de Joad est dans la couleur du caractère et du sujet.

2. Faire ombre au sens de faiv est relaté dans les Observations de l'Académie.

J072 ATHALIE

Je vous veux devant elle expliquer sa naissance : Vous verrez s'il le faut remettre en sa puissance, Et je vous ferai juge entre Athalie et lui. i665

ABNER

Ahî je le prends déjà, Seigneur, sous mon appui*. Ne craignez rien. Je cours vers celle qui m'envoie.

Page 1