ACTE lY, scÈm n
Pour vous porter au troue où vous n'osie?: prétendra î
INe uie regarde^ poiut yaiucu, persécuté :
Revoyez-moi vaiuqueur, et partout redouté.
Songez de quelle ardeur dans Éphèse adorée, ïî^qÇ
Aux filles de cent rois je vous ai préférée ;
Et négligeant pour vous tant d'heureux a}lj§S|
Quelle foule d'États je mettois à vos pieds.
Ah ! si d'un autre amour le penchant invincible
Dès lors à mes bontés vous rendoit insensible, i3oo
Pourquoi chercher si loin un odieux époux?
Avant que de partir, pourquoi vous taisiez-vous ?
Attendie^-vous, pour faire un aveu si funeste,
Que le sort ennemi m'eût ravi tout le reste,
Et que de toutes parts me voyant accabler, i3o5
J'eusse en vous le seul bien qui me pût consoler?
Cependant, quand je veux oublier cet outrage,
Et cacher à mon cœur cette funeste image,
Vous osez à mes yeux rappeler le passé,
Tous m'accuse? encor, quand je suis offensé. î3|p
Je vois que pour un traître un fol espoir vous lîatte.
A quelle épreuve, ô ciel, rédi}is-tu Mitbrjdi^te?
Par quel charité secret laissé-je retenir
Ce courroux si sévère et si prompt à punir?
Profitez du moment que mon amour vous donne : i3î5
Pour la derrjière fois, venez, je vous l'ordonne,
FattiriB^ point sur vous des périls superflus,
Pour un fils insolent, que vous ne verrez plus.
Sans vous parer pour lui d'une foi qui rn'est due,
Perdez-en la mémoire, aussi bien que la vue; î3ao
Et désormais s#n§ible à ma seule bonté,
Méritez le pardon qui vous est présenté.
MONÎME,
Je n'ai point oublié quelle rccoiinoissance. Seigneur, m'a du rfiuger soub votre obéissaiico.
MITHRIDATE
Quelque rang où jadis soient montés mes aïeux, iSaS
Leur gloire de si loin n'éblouit point mes yeux.
Je songe avec respect de combien je suis née
Au-dessous des grandeurs d'un si noble hyménée ;
Et malgré mon penchant et mes premiers desseins
Pour un fils, après vous le plus grand des humains, i33o
Du jour que sur mon front on mit ce diadème.
Je renonçai, Seigneur, à ce prince, à moi-même.
Tous deux d'inteUigence à nous sacrifier,
Loin de moi. par mon ordre, il couroit m'oublier.
Dans l'ombre du secret ce feu s'alloit éteindre; i335
Et même de mon sort je ne pouvois me plaindre,
Puisqu'enfin, aux dépens de mes vœux les plus doux,
Je faisois le bonheur dun héros tel que vous.
Vous seul, Seigneur, vous seul, vous m'avez arrachée A cette obéissance où j'étois attachée; i34o Et ce fatal amour dont j'avois triomphé, Ce feu que dans l'oubli je croyois étouffé. Dont la cause à jamais s'éloignoit de ma ^Tie, Yos détours l'ont surpris, et m'en ont convaincue. Je vous l'ai confessé, je le dois soutenir. i345 En vain vous en pourriez perdre le souvenir; Et cet aveu honteux, où vous m'avez forcée, Demeurera toujours présent à ma pensée.
Toujours je vous croirois incertain de ma foi ; Et le tombeau. Seigneur, est moins triste pour moi i35o Que le ht d'un époux qui m'a fait cet outrage. Qui s'est acquis sur moi ce cruel avantage, Et qui me préparant un éternel ennui.
M'a fait rougir d'un feu qui n'étoit pas pour lui.
MITHRIDATE
C'est donc votre réponse? et sans plus me complaire, Vous refusez l'honneur que je voulois vous faire? Pensez-y bien. J'attends, pour me déterminer.