‹ ThéaÌ‚tre choisi de RacineChapitre 52 sur 456 · ACTE IV, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE V

MONIBfE.

Non, Seigneur, vainement vous croyez m'étonner.

Je vous connois : je sais tout ce que je m'apprête,

Et je vois quels malheurs j'assemble sur ma tête; i36o

Mais le dessein est pris : rien ne peut m'ébranler.

Jugez-en, puisqu'ainsi je vous ose parler,

Et m'emporte au delà de cette modestie

Dont jusqu'à ce moment je n'étois point sortie.

Vous vous êtes servi de ma funeste main i365

Pour mettre à votre lils un poignard dans le sein.

De ses feux innocents j'ai trahi le mystère;

Et quand il n'en perdroit que l'amour de son père,

!1 en mourra, Seigneur. Ma foi ni mon amour

Ne seront point le prix d'un si cruel détour. iS^o

Après cela, jugez. Perdez une rebelle;

Armez-vous du pouvoir qu'on vous donna sur elle :

J'attendrai mon arrêt ; vous pouvez commander.

Tout ce qu'en vous quittant j'ose vous demander,

Croyez (à la vertu je dois cette justice) 13^5

Que je vous trahis seule, et n'ai point de complice;

Et que d'un plein succès vos vœux seroient suivis

Si j'en croyois, Seigneur, les vœux de votre fils.

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