Support, appui, soutien. Emploi ordinaire du mot
5. GeolFroy et d'autres ont fait remarquer que, dans ce monologue, Racine semble avoir pris pour modèle celui d'Auguste dans Cinna. l\ est vrai qaon y remarque les mémos mouvements, dépendant je ne crois pas qu'il y aitlci de véritable imitation. On met en monologue ce qu'on ne peut mettre en dialogue, c'ost-Mire les pensées intimes et secrètes qn'on ne peut confier à autrui. Si donc le personnage est combattu de sentiments contraires, si des passions ou des devoirs ou des intérêts opposés le sollicitent en sens divers, |e monologue aura de ces retours, et ce ne sera qu'en passant d'une résolution à l'autre, en s'interrompant, en se démentant sans cesse, que le personnage s'acheminera à une résolution délinitive.
ACTÊ ÏV, SCÈNE V.
Je brûle, je l'adore; et loin de la bannir.... i4o5
Ah! c'est un crime encor dont je la veux punir*. Quelle pitié retient mes sentiments timides? N'en ai-je pas déjà puni de moins perfides? 0 Monime! ô mon tîls! Inutile courroux! Et vous, heureux Romains, quel triomphe pour vous 2, Si vous saviez ma honte, et qu'un avis fidèle De mes lâches combats vous portât la nouvelle! Quoi? des plus chères mains craignant les trahisons, J'ai pris soin de m'armer contre tous les poisons ; J'ai su, par une longue et pénible industrie, i4i5 Des plus mortels venins prévenir la furie. Ah! qu'il eût mieux valu, plus sage et plus heureux, Et repoussant les traits d'un amour dangereux. Ne pas laisser remplir d'ardeurs empoisonnées ^ tin cœur déjà glacé par le froid des années! 1420 De ce trouble fatal par oû dois-je sortir?
1. Racine a supprimé ici qitatfe vers, qui étaient, en effet, inutiles:
Mon amour trop longtemps tient ma gloire captive. Qu'elle périsse seule, et que mon fils me suive. Un peu de fermeté, punissant ses refus. Me va mettre en état de ne la craindre plus,
2. Il me semble qu'il y ait ici line réminiscence d'Homère {Iliade, 1, V. 255 et 256) :
'"H xsv yT|6Ti(Tai Upiaiioq, npcàfxoLo ts TiaîSsc;,
« Sans doute, Priafn se réjouirait, et les enfants de PHatn, et toits les Troyens auraient au cœur une grande joie. »
5. 11 y a une légère affectation dans cette antithèse du poison de l'amour et des poisons contre lesquels Mithridate s'est prémuni. Appien 'guerre de Mithridate, cxi) prêtait au roi une antithèse de même genre : Mithridate sé pîaîghait dë he pas s'être aussi bien prémuhî contre la trahison des siens, le pire poison qui menace les rois, que contre tous les autres poisons^
MITHRIDATE