F«r. Pour révolter toute l'armée. (Id
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PRÉFACi.
J'ai choisi Monime entre les femmes que Mitljridate a aimées. Il paroît que c'est celle de toutes qui a été la plus vertueuse, et qu'il a aimée le plus tendrement. Piutarque semble avoir pris plaisir à décrire le malheur et les sentiments de cette princesse. C'est lui qui m'a donné l'idée de MoniiBe; et c'est en partie i sur la peinture qu'il en a faite que j'ai fondé un caractère que je puis dire qui n'a point déplu. Le lecteur trouvera bon que je rapporte ses paroles telles qu'Amiot les a traduites 2. Car elles ont une grâce dans le vieux style de ce traducteur, que je ne crois point pouvoir égaler dans notre langue moderne :
(( Cette-ci estoit fort renommée entre les Grecs, pource que quelques sollicitations que luy sceust faire le Roy en estant amoureux, jamais ne voulut entendre à toutes ses poursuites jusqu'à ce qu'il y eust accord de mariage passé entre eux, et qu'il luy eust envoyé le diadème ou bandeau royal, et appellée royne. La pauvre dame, deouis que ce roy l'eust espousée, avoit vécu en grande déplaisance, ne faisant continuellement autre chose que de plorer la malheureuse beauté de son corps, laquelle, au lieu d'un
^r^v -nÔsXsv. (D,on L XXXVII, ch. vi.) M. Paul Mesnard fait remarquer que la phrase de la traduction de Racine « et mesuroit ses desseins bien plus a la grandeur de son courage qu'au mauvais état de ses atîaires » ne se trouve pas dans le texte de Dion Cassius, mais qu'elle vient a un passage précédent, où l'on trouve ces mots : Tt] ^qijM^bi
1. « Ce n'est en effet qn' en partie », fait remarquer M. Paul Mesnard Dans \-a Vie de Pompée, Piutarque, parlant des papiers secrets de Mithridate qui tombèrent aux mains de Pompée dans la forteresse de Cénon dit qu 11 y avait des leUres de Monime au Roi eÉ du Roi à Monime où la passion s exprimait avec peu de retenue : 'ETCLcjTo).ac t£ Movi'aTiç iipàc S'xxxv^^^^^^^^^ "-^^ '^''"'^ ^P^^ de Pompée]
2. Racine a modifié le texte d'Amyot pour ne parler que de Mo- "'"^M-Zi ^^ssi la mention de « quinze mille escus contans » que Mithndate envoya d'un coup à Monime, Dour la convaincre de son
540 PRÉFACE
marv, lui avoit donné un maistre, et au lieu de compagnie coniuKale, et que doit awir une dame d'honneur', luy avoit baillé une garde et garnison d'hommes barbares, oui la tenoient comme prisonnière loin du doux pais de la Grèce, en lieu où elle n'avoit qu'un songe et une ombre de biens; et au contraire avoit réellement perdu les véritables, dont elle jouissoit au païs de sa naissance. Et quand l'eunuque fut arrivé devers elle, et luy eut lait commandement de par le Roy qu'elle eust à mourir, adonc elle s'arracha d'alentour de la teste son bandeau royal; et se le nouant autour du col, s'en pendit. Mais le bandeau ne fut pas assez fort, et se rompit incontinent. Et lors elle se nrit à dire : « 0 maudit et malheureux tissu, ne me ser- « viras-tu point au moins à ce triste service? » En disan ces paroles, elle le jetta contre terre, crachant dessus, et tendit la gorge à l'eunuque ^ ))
Xipharès étoit fils de Mithridate et d'une de ses femmes qui se nommoit Stratonice. Elle livra aux Romains une place de grande importance, où étoient les trésors de Mithridate, pour mettre son fils Xipharès dans les bonnes o-ràces de Pompée'. Il y a des historiens* qm prétendent que Mithridate fit mourir ce jeune prince, pour se venger de la perfidie de sa mère.
Je ne dis rien de Pharnace^ Car qui ne sait pas que ce fut lui qui souleva contre Mithridate ce qui lui restoit de troupes, et qui força ce prince à se vouloir empoisonner, et à se passer son épée au travers du corps pour ne pas tomber entre les mains de ses ennemis? C'est ce même
1. Une dame d'honneur. Génitif de qualité, équivalant à un adjectif. On dit encore un homme d'honneur.