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Mœurs, au sens du latin mores : le caractère

3. Voyez Florus, livre III, chapitre v; Plutarque, Vie de Pompée, chapitre xli ; Dion Cassius, livre XXXVH, chapitre xi. — Suivant Florus, Mithridate voulait passer du Bosphore en Thrace, de là, et en traversant la Macédoine et la Grèce, se jeter inopinément sur l'Italie. Suivant Plutarque, il avait formé le projet de traverser le pays des Scythes et celui des Péoniens, pour envahir l'Italie. Dion Cassius dit à peu près de même que, voulant profiter du séjour de Pompée en Syrie, il songeait à se rendre vers le Danuhe à travers le pays des Scythes, pour faire de là une invasion en Italie. — Appien, comme le dit Racine, entre un peu plus dans le détail. Il rapporte d'abord, au chapitre cii de son Livre sur la guerre de Mithridate, que le roi de Pont, étant entré dans les pays méotiques, conçut le projet nouveau et hardi de traverser la Thrace, puis la Macédoine, enfin la Pannonie, de franchir les Alpes, et d'entrer ainsi en Italie. Il dit aussi, au chapitre cix du même livre, qu'il se proposait de diriger sa route vers le pays des Gaulois, avec lesquels il avait déjà, dans celte vue, formé des liaisons; et qu'il avait le

RACTNE. THÉÂTRE CHOISf.

PRÉFACE

le détail. Et aprèr. avoir marqué les facilités et les secours que Mitliridate espéroit trouver dans sa marche, il ajoute que ce projet fut le prétexte dont Pharnace se servit pour faire révolter toute l'armée S et que les soldats, effrayés de l'entreprise de son père, le regardèrent comme le désespoir d'un prince qui ne cherchoit qu'à périr avec éclat.

Ainsi elle fut en partie cause de sa mort, qui est l'action de ma tra^gédie. J'ai encore lié ce dessein de plus prés î. mon sujet. Je m'en suis servi pour faire connoître à Mithrîdate les secrets sentiments de ses deux fils. On ne peut prendre trop de précaution pour ne rien mettre sur le théâtre qui ne soit très nécessaire. Et les plus belles scènes sont en danger d'ennuyer, du moment qu'on les peut séparer de l'action, et qu'elles l'interrompent au lien de la conduire vers sa fm.

Voici la réflexion que fait Dion Cassius sur ce dessein de Mithridate : (( Cet homme étoit véritablement né pour entreprendre de grandes choses. Gomme il avoit souveii éprouvé la bonne et la mauvaise fortune, il ne çroyos^ rien au-dessus de ses espérances et dé son audace, ei mesuroit ses desseins bien plus à la grandeur 'de son coi! rage qu'au mauvais état de ses affaires; bien résolu, son entreprise ne réussissoit point, de faire une fm dign d'un roi, et de s'ensevelir lui-même sous les ruines de sou empire, plutôt que de vivre dans l'obscurité et dans 1 bassesse^. ))

dessein d'envahir avec eux ntalie à travers ies Alpes, espérant que l i haine de Rome lui procurerait l'alliance de beaucoup de peuples italiens. (Note de M. Paul Mesnard.)

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