‹ ThéaÌ‚tre choisi de RacineChapitre 77 sur 456 · Euripide · texte numérisé non relu

Euripide

Ti[X£0' àizkoia y^pa)p.£VOL xax' Xvli^a. (87-88.)

« L'armée est rassemblée : tout le monde est là, et nous restons à Aulis sans pouvoir prendre la mer. «

2 « M Victor Hugo, dit M. P. Mesnard, trouve dans les vers 49 et ■ m'd'Iphiqénie un exemple des images fausses dont, à l'en croire, les vers de Racine sont pleins.... « C'est justement, lui fait-on dire, quand « la mer est immobile que la rame est utile. Et puis, q^oi de plus faux, « quoi dé plus mesquin que l'image de cette mer fatiguée (P. Stapter, les Artistes juges et parties, p. 49).... L'expression fatiguer la mer par tes rames est de Virgile, et n'avait jamais encore été trouvée mesqmne.... On peut se demander, il est vrai, si, par un calme plat, la rame n'aurait pu faire sortir les navires de l'Euripe.... Et quand on eut pu sortir du détroit à la rame, aurait-on pu entreprendre, par ce calme obstiné, de naviguer ainsi jusqu'à Troie?... Au reste. Racine parle d un prodige étonnant, A\m miracle inouï : ce qui doit faire penser que les lois de la nature étaient suspendues, et que, même sur cette mer endormie, la rame, par quelque volonté des Dieux, était sans etlet. Autrement un calme plat n'a rien en lui-même de prodigieux. » {Lexique de Racine, p. xlii.) - Virgile n'a pas dit fatiguer la mer, mais : OUÏ remigio noetemque diemque^fa^mnt^ ^j^j^ ^^^^

« On fatigue à ramer et le jour et la nuit entière. » U 3i écrit ailleurs :

.... in lento luclantur marmore tom.,^^^ ^^^^

« La rame lutte contre une mer immobile. »

Racine a combiné les deux expressions du noetc latin.

IPHIGÉNIE

Ce miracle inouï me fit tourner les yeux

Vers la divinité qu'on adore en ces lieux.

Suivi de Ménélas, de Nestor, et d'Ulysse,

J'offris sur ses autels un secret sacrifice.

Quelle fut sa réponse! et quel devins-je, Arcas, 55

Quand j'entendis ces mots prononcés par Calchasî

« Vous armez contre Troie une puissance vaine %

Si dans un sacrifice auguste et solennel

Une fille du sang d'Hélène ^ De Diane en ces lieux n'ensanglante l'autel. 60 Pour obtenir les vents que le ciel vous dénie,

Sacrifiez Iphigénie. ))

1. Ce vers peut se traduire platement en prose par : Vous faites en vain impuissant armement. Bruyère a dit : « Le Grand Seigneur arme puissamment «. — Mme de Sévig^né a employé le mot àetxuis sance pour désigner une floUe : « Je ne puis que vous dire de notre flotte : depuis le secours que vous nous avez envoyé, et, que cette puissance est en mer, nous n'en savons rien ici ».

2. « Dans les Remarques sur Z'Iphigénie 'de M. Racine, ce vers de 1 oracle est critiqué. Il s'agit de savoir si dans la pureté de notre langue on peut également entendre par les termes : une fille du sanq d^Hélène..., Eriphile, tille d'Hélène, et Iphigénie, sa nièce.... Cette manière de parler : une fille du sang cCHélène, ne marque point la fille d'Hélène de même que ces paroles, fille d'Hélène, ne désigneraient point Iphigénie sa nièce, laquelle cependant est de son sang. » (Note de M P Mesnard.) - L'oracle de Racine, a une ambiguïté qui ne se rencontre naturellement pas dans Euripide. Racine a suivi ici Iphiqénie en Tauride :

('AYa[j.£fjiva)v) EU e[X7:up' r{k^z, y.al léyei Kaky(x<; TaSs •

'AYà[j.cp.vov, ou [l'C] vaûç àcpopp.(çyT)ç X^O'^OÇ» irpiv àv x6pT]v c"r]v 'Icpiysvstav "ApTEfjitç >;àêT) ccpayscaav. (V. 16-20.)

« Agamemnon recourt à un sacrifice, et Qalchas dit : « 0 chef de l'ar- «mee des Grecs, Agamemnon, tu ne feras point prendre la mer à tes «vaisseaux, avant qu'Artémis ait reçu ta hlle Iphigénie : il faut l'im- « moler. » auunm

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