ACTE î, SCÈNE I
M'arracheront peut-être un pouvoir qui les blesse....
Va, dis-je, sauve-la de ma propre foiblesse. îifais surtout ne va point, par un zèle indiscret, Mcouvrir à ses yeux mon funeste secret. Due, s'il se peut, ma fille, à jamais abusée, /Ignore à quel péril je Favois exposée. D'une mère en fureur épargne-moi les cris; Et que ta voix s'accorde avec ce que j'écris i. Pour renvoyer la fille, et la mère offensée, Je leur écris qu'Achille a changé de pensée, Et qu'il veut désormais jusques à son retour Différer cet hymen que pressoit son amour. Ajoute, tu le peux, que des froideurs d'Achille On accuse en secret cette jeune Eriphde Que lui-même captive amena de Lesbos Et qu'auprès de ma fille on garde dans Argos^. C'est leur en dire assez : le reste, il le faut taire ^ Déjà le jour plus grand nous frappe et nous éclaire; Déjà même l'on entre, et j'entends quelque bruit. C'est Achille. Ya, pars. Dieux! Ulysse le suit.