‹ ThéklaChapitre 2 sur 13 · M. S. REINACH · texte numérisé non relu

M. S. REINACH

Parce que le prénom de Thékla est beaucoup plus répandu en Allemagne qu'en France (la Thékla du Wallenstein de Schiller y est pour quelque chose) ^, on s'imagine volontiers que ce prénom est germanique. Il n'en est rien : Thékla est purement grec. C'est une forme abrégée de Theokleia, comme qui dirait « la gloire de Dieu ». Dans la légende dont nous allons parler, Thékla a pour mère une dame grecque nommée Théokleia.

Pendant les dix premiers siècles de l'Eglise, peu de saintes ont été aussi célèbres que Thékla 2. On l'a qualifiée de « première mart^nre »,

1. J. Gwynn, art. Thecla dans Dicl. of Christian biography, p. 895.

2. Voir les témoignag-cs dans Lipsius, Apokryphe Apostelgescliichien, t. II, i, p. 424 et auiv.

d' « égale aux apôtres » ; l'expression même de vierge martyre, qui est restée dans notre vocabulaire, a été appliquée d'abord à sainte Thékla^. On a écrit sa vie. son éloge en prose et en vers, dans toutes les langues de la chrétienté ; on a construit de nombreuses églises sous son nom, en Orient surtout, mais aussi en Italie et en Espagne 2. Si elle est un peu oubliée aujourd'hui, cela tient à ce que Jacques de Voragine, dans le recueil dit la Légende dorée^ n'a pas fait de place à la biographie de la sainte, et cela, sans doute, parce qu'à l'époque où il écrivait (1298), la vaste littérature relative à Thékla restait enfouie dans les bibliothèques. C'est en 1698 seulement qu'on publia un opuscule, intitulé tantôt les Actes de Paul et de Thékla^ tantôt la Passion de Thékla ou encore autrement 3. Il existe de cet écrit des rédactions fort différentes en grec, en latin, en syriaque, en arménien, en arabe, en vieux-slave, qui ont été étudiées surtout dans la seconde moitié du XIXe siècle. En 1897, un savant allemand, M. Schmidt, découvrit,

1. Par saint Augustin et saint Jean Chrysostome (Tillemont, Mémoires, t. II, p. 03).

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