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HR D nade aus paysans de rester fidèles aux IMŒUrS, aux pieuses traditions des AndE tres
C'onservez dans vos chaumières, Le respect des grands aïeux; Soyez forts comme vos pères Et soyez chrétiens comme eux. …
(Chansons en sabots).
Il voudrait aussi retenir à la me | tant de pau- : vres ieunes filles, fascinées par le luxe et les plaisirs des villes ; et vous savez comment il traite cette petite écer velée de Korentina, avec le ridicule accoutrement don trop esclave de la mode et trop vaniteuse, elle a trouvé élégant de s’affubler.
Par ses chansons, Botrel mène encore une campagne ardente contre le fléau de l’alcoolisme. (Car ses braves Bretons, qu’il aime tant et qui sont si foncièrement bons," sont malheureusement enclins à ce vice. Il voudrait les en guérir en leur dénonçant les ravages de l’affreuse boisson. Qui ne connaît ses amusantes chansons anti alcooliques: Yann la Gouite. le Diable en ques où. Celui qui ne dit rien? es
we à " À
Ta mère et ta femme et tes trois p'tits mioches Kà N'ont rien dans leur ventre et rien dans leurs poches, J | El te v’la su’l’dos, toi qu’es leur soutien, TM Hein?
Ii n’répondit rien, rien, rien. PNR Enfin et surtout, Botrel exalte les sentiments ar dents du plus pur patriotisme. Certes il aime d'amour sa chère petite patrie, la Bretagne: mais il a aussi un cul-« te passionné pour sa grande patrie, la France! Il s et AE efforcé de grouper les forces vives de la nation autour dé la croix et du drapeau, par ses fières chansons patrio= tiques: La Catholique, Aux sillons! Serrons les rangs, La Terre nationale 11 a chanté toutes ses gloires, celles … d'autrefois, et celles d'aujourd'hui, qu'il semble. couronner par son beau Défilé de la Victoire. Même aux plus mauvais jours d’avant-guerre, il a toujours eu‘une foi inébranlable dans la vertu de la race: |
Moi j'espère en la France Comme j'espère en Dieu.
- (Coups de clairon)
Jadis, chez lui, à Port-Blanc, il avait édifié de ses mains un calvaire de granit; à côté il avait planté le drapeau tricolore qui flottait au vent de mer. “Je ne
veux combattre, disait-il, que pour le Patriotisme et la.
Foi!” Sa devise, vous le savez, a toujours été: Dieu et
Patrie!
Il en à une autre, ilest vrai, bien connue aussi, que
lui dicta un jour l’Echo des grands bois:
J'aime, je chante et je crois!
Et il invitait la chère Jeunesse canadienne à la faire sienne, quand il lui disait, lors d’un concert à l’Université de Montréal:
Narguant l’incrédule qui raille, Marche à ton but, presse le pas, Et pour être heureux ici-bas,
Aime, chante, crois et travaille.
—Chante, libre sous les grands cieux, La Foi, l'Amour et la Patrie;
Mêle les chants de Crémazie
Aux refrains naïfs des aïeux.
— Amel ton âme toute neuve Veut se dévouer sans retard; Aime et wibre comme Dollard, Lévis, Montcalm et Maisonneuve.
—Crois! et sans nul respect humain, Garde la foi de tes ancêtres,
Et sous l’égide de tes maîtres, Aimant Dieu, va droit ton chemin.
pare
tés de ol avait raison certes di il disait : ‘ É.
ministre de l’Instruction publique, je ferais ds par une nuée de facteurs les volumes de Botrel; e rais plus fait pour le relèvement de l’âme Re par cent conférences de l’Université populaire.”
: Cependant Botrel a fait mieux. Ses volumes, distribués par une nuée de facteurs, seraient peut-être restés | souvent ferméssur les tables ou dans les bibliothèques. N content de composer ses admirables chansons, il va les. chanter lui-même, de sa voix chaude et vibrante, pen-. dant dix mois de ‘l'année, de ville en ville, partout, en France, en Belgique, en Suisse, en Algérie, en Tunisie, enfin, pour notre joie, au Canada. % Le
Et il ne chante qu’au profit des œuvres, avec un dés sintéressement absolu, devenu presque légendaire en Fran À ce. Aussi le sollicite-t-on de toute part: ici pour une école. chrétienne ou une construction d' église, là pour la Croix : Rouge ou les orphelins de la guerre, enfin pour toute s sor- | te d’œuvrescharitables ou sociales. |
Jusqu'à maintenant, il n’avait jamais chanté po lui, et aujourd’hui lui qui, s’il l’avait voulu, serait ric à millions, est presque pauvre. Que de fois ses amis Î ont reproché de tout donner ainsi, sans nul souci de l'avenir! Un jour, Monseigneur Delamaire, évêque de Péri-. gueux, dans la Dordogne, lui disait plaisamment: “Botrel, méfiez-vous: qui trop d’or dogne (donne). pé gueux l”? Mais le Barde de la mer, comme il s’appel était incapable de suivre le conseil de l’évêque Delamaï On l’a dit souvent: Botrel n’est pas de son temps. estime que l’argent ne doit servir qu’à faire du bien à semer un peu de bonheur autour de soi. 4
sance émue d'une foule innombrable de gens qu A. courus. Si jamais vous allez chez lui, à Pont
Y ous verrez ; dans son salon, sorte de M, musée de sou- * venirs, parmi un grand nombre de photographies autographiées d'hommes illustres, ses amis, des dédicaces comme celles-ci :—‘"A Madame et à Théodore Botrel, en …. témoignage de ma religieuse affection et de ma reconnais- . sance. Cardinal Mercier, archevêque de Malines.” “Au poète breton fidèle aux croyances de ses aïeux, à …… a compagne pieuse qui l’encourage et le soutient. Cardinal de Cabrières, évêque de Montpellier. —Combien —. d'autres! Mais le plus précieux souvenir est la splen- … dide photographie que Sa Sainteté Pie X daigna lui — adresser lui-même avec ces quelques lignes écrites de “sa main, le 4 janvier 1907: ‘‘A notre cher fils Théodore Botrel et à son épouse qui nous est également chère, en souhaitant les meilleures grâces du ciel pour le bien qu'ils propagent par leurs œuvres et par leur zèle, nous accordons de grand cœur la bénédiction apostolique. Pie X, pape.” Et en même temps le Souverain Pontife lui faisait remettre, par le Cardinal Amette, la croix de chevalier de l’Ordre de Saint Grégoire.
* * * . Pendant la guerre, l’apostolat de Botrel va prendre - une forme nouvelle. Dès la déclaration des hostilités, bien que libéré de toute obligation militaire, il part, demandant … à prendre un fusil et un sac comme les camarades. Mais … le ministre de la guerre, M. Millerand, merveilleusement inspiré, le nomme ‘“‘Barde des armées.” Et durant toute la guerre, Botrel va, non pas . du courage aux - soldats, car ils n’en manquaient pas certes, nos braves … Poilus, mais soutenir, exalter ce courage. Crieur de guerre, semeur d'espoir, il sera, comme le dira plus tard le maréchal Pétain, le héros de Verdun, “un grand verseur de pmard moral”.
‘Un jour, dans un secteur très menacé, deux fois éjà les troupes françaises s'étaient précipitées à l’at- taque, hélas! sans succès mais non sans pertes. Pour-
… tant, à tout prix, il fallait tenter un nouvel assaut. Alors : général (c'était Mangin), avant de préparer la pres
| a ttaq un ft re Borel En le v ve poilu dit à ses camarades: “Ah!
On va donc r’taper!” Ce poilu était Botrel, on r’tapait, en effet. Il était u traîneur ! ve DA in
+ Mais, pendant qu'il Soutenait le te chers soldats, le sien fut mis à une terrible « Le 11 juillet 1916, là-bas, en Bretagne, Léna, sa | tant aimée, celle qui était plus que la moitié de Sa : combat après quatre jours d'une maladie rues
j'ai RE que Dieu me : M revoir mOn po:
Doi jou mourir !” I eut en effet la. doulou
de Borel, sans rendre un D ue a à la noble et vaillante femme, à la créature vr idéale, qui fut pendant vingt-cinq ans Sa Co constamment attentive et dévouée, sa collab fervente, d’un art si fin et si discret! . C'était exquis de délicatesse et de bonté. “Oui, mo aimait-elle à dire, soyons indulgents, faisons de créons des sourires!” Aussi a-t-elle couronné la plus E des existences par la plus sainte des morts, offrant,
reusement ses souffrances et sa vie‘ pour la vic nos soldats et pour la conversion des pécheurs. avoir vécu en bonté, elle est morte en beauté.
ES Ce fut | pour Botrel, vous le pensez Den. un .) terrible. Après avoir rendu les derniers devoirs à ge terrestre que Dieu lui avait donné, refoulant mes et n écoutant que la voix de l’autre Douce, L
si éprouvé lui-même. ) nission, parcourant tous les |. et Hi Les tranchées, d’un bout à l’autre du front, de la Flan re VA ce, en Italie, en Orient, partout, “6 appliquant mstamment, dit le Général Joppé dans une citation à | e du jour, à célébrer les idées de Devoir et de Sacriet donnant des preuves éclatantes de son mépris % u danger.” Jusqu'à la fin, il ne cessa d’enflamcœurs de nos soldats de son ardent patriotisme, les confirmer dans cette assurance de la victoire, … ue Jui chantaient à lui-même les Cogs d’or des clochers '
n août 1919, une de ses A cousines A d'AI- Douce, bonne, pieuse, Ve excellente mu-
ont elle imite et continue Ja) vie de dévouement et de harité. De plus, chose remarquable, et touchante, et. rare aussi, elle partage le culte que Botrel garde toujours fie à la tendre Disparue: aussi, a-t-elle voulu donner à l'ange . que le ciel leur a envoyé pour égayer leur foyer, le cons il nom de Léna. |
\ FE Le Dieu veuille les garder toujours heureux, et perettre que le cher et vaillant barde Théodore Botrel uisse longtemps encore poursuivre Sa belle et. noble : ISsion | L