‹ Théodore de Banville, 1823-1891Chapitre 12 sur 141 · Ibid. Registre du comité central, l · texte numérisé non relu

Ibid. Registre du comité central, l

sur la situation de fortune et les opinions d'un fonctionnaire qui habitait Moulins depuis dix ans.

Banville dut pourtant attendre près d'un mois que Fouché lui fit rendre la liberté : l'ordre d'élargissement signé le 9 janvier 1794 ne parvint à Moulins que le 1 2 et ne fut exécuté que le lendemain ; le i) janvier, le comité écrivait à la municipalité :

Nous vous prévenons, frères et amis, qu'en exécution de l'arrêté des représentants du peuple à Commune-Affranchie en date du 20 nivôse, nous faisons sortir aujourd'hui de la maison des Carmélites : Barré, Touret père, Ripardon et Banville et nous leur rendons la liberté. Salut et fraternité '.

Cette formalité ne pouvait décemment s'accomplir sans quelque apparat. Le récit de la cérémonie nous a été transmis par le registre du comité et par une lettre de Jean-Louis de Banville :

L'on s'occupe, dit le registre -, de l'exécution de l'arrêté des représentants du peuple à Commune-Affranchie relatif aux détenus... Ceuxci amenés, le président leur fait un discours propre à leur faire aimer la République ; après quoi il leur déclare qu'étant libres ils peuvent se retirer.

Suit un extrait de la harangue présidentielle :

Vous êtes libres, nous vous admettons parmi nous et en vous adoptant pour nos frères, nous espérons que votre conduite à venir ne nous laissera aucun doute sur l'opinion que nous avons de vous.

Mais Banville, dans une lettre du 24 ventôse an m à la commission des travaux publics, prétend que le président du comité lui fit littéralement la déclaration suivante, plus étonnante encore à force de naïve désinvolture :

Citoyens, les motifs qui avaient provoqué votre arrestation n'avaient rien de grave ; toutes les recherches qui ont été faites sur votre conduite n'ont rien fait découvrir qui puisse vous inculper ; en conséquence la liberté vous est rendue et vous rentrez dans la classe des bons citoyens.

L'accolade fraternelle de tous les membres du comité suivit cette déclaration >.

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