‹ Théodore, le roi d'étéChapitre 103 sur 120 · CHAPITRE XXVII. aSf · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII. aSf

Théodore qui le suivait : dans ton enthousiasme insensé tu as détruit l'unique, le dernier moyen qui me restait de sauver la Corse. Tu as donné la mort au favori de mon allié , tu as fait du plus fidèle de mes amis mon ennemi le plus implacable. Fuis avant que ma colère ne t'atteigne , avant que je ne souille mes mains de mon propre sang! Que mes yeux ne te revoyent jamais !

Dans le désespoir de sa douleur filiale, Frédéric prit la main de Théodore, en s'écriant : — O mon père infortuné î je m'éloigne de vous pour toujours, car je ne saurais soutenir plus long-temps le spectacle qui s'offre à mes yeux ! Puisse l'Éternel vous pardonner le crime dont vous avez souillé votre âme !

Il s'éloigna d'un pas précipité. Théodore contemplait d'un œil morne les deux cadavres, et déchiré par les remords, il s'écria avec l'accent du désespoir: — Maintenant tout est perdu!

Tout était perthi en effet. Une tentative

âJ2 THEODORE, LE ROI D ETE.

que fit le loi pour reprendre Porto-Vecchio, à l'aide du chevalier Sunini, échoua complètement.

Un capital ne de vaisseau allemand, gagné par l'or des Vénitiens, avait conçu le dessein de mettre le feu au vaisseau de Théodore; mais celui-ci, averti par un espion, le prévint et le fit empaler siw la grève de Sarraco, selon l'usage de ses alliés les Tunisiens. Puis, craignant de nouvelleis trahisons, il quitta la Corse pour toujours, et le bruit qui ne tarda pas à se répandre qu'il avait été arrêté à Naples, hâta la reddition de Sarraco.

Frédéric, environné de dangers et en proie aux plusculsans chagrins,errait dans les montagnes de la Corse, semblable à un spectre à qui un maléfice interdit tout repos. Bientôt une troupe de patriotes les plus dévoués se rassembla autour de lui , et comme il n'existait plus d armée corse depuis que Giafferi et Paoli avaient quitté nie, il fut forcé de se borner à faire la guerre aux Français à la manière des

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