CHAPITRE XXVir. 2/\g
des efforts pour parler d'un ton assuré, il faut fermer la bouche pour toujours it cet importun bavard.
— Non , mon père ! s'écria le jeune homme en embrassant ses genoux ; si vous comptez votre honneurpourquelque chose, si vous avez quelque tendresse pour votre" fils, ne vous rendez point coupable d'une pareille atrocité qui attirerait sur notre honne cause la malédiction d'en haut.
— La liberté de la Corse mise dans la balance avec la vie d'un juif! dit Théodore en appuyant sui- ce dernier mot avec l'intonation du mépris.
— Il n'est pas ici seulement questionde la vie d'un homme, continua Frédéric; dans lescombats que j'ai livrés pour votre cause, j'en ai tué nombre de ma main; des milliers de cadavres jonchent les cliamps où j'ai commandé vos troupes; mais je ne puis consentir à ce que vous fassiez périr ce juif. C'est son devoir qui l'a conduit ici; il ne demande que ce qu'il est? en droit d'exiger, l'accomplissement do
THEODOllE, LE ROI D ÈTTÎ.
votre parole royale. L'assassiner, ce serais mériter jdîus d'exécration que tous les bourreaux de Gènes l
Théodore, ébranlé , regarda son fils avec une profonde émotion : — Mon brave Frédéric! lui dit-il, va porter contre-ordre à Hassan.
Celui-ci vola au cachot dans lequel on avait déjà traîné le malheureux Israélite. — Le subrécargue a sa grâce ! s'écria-t-il à Hassan , qu'il trouva avec les deux autres Tunisiens.
— H est trop tard, altesse! répondit Hassan en indiquant de la main le cachot où le juif que l'on avait déjà étranglé, était couché sans vie.
Frédéric ne se connaissant plus, saisit le poignard que portait à sa ceinture le scélérat qui le regardait avec un sourire ironique: — Monstre, s'écria-t-il, tu ne recrutei'as plus d'âmes pour Satan ! 11 lui perça le cœur avec son propre fer, et lança son cadavre sur celui de sa victime.
— Malheureux ! qu'as-tu fait ! s'écria