‹ Théodore, le roi d'étéChapitre 21 sur 120 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

— Par tous les saints! lui dit à Toreille Jjondelli , vous parlez comme il convient à un prince ; mais pour l'amour de Dieu n'oubliez pas que vous vous trouvez à Livourne , et que, pour le moment, il faut que vous soyez le baron de Cronenstein.

Sans donner grande attention à cet avis, Frédéric courut dans sa chambre, et lorsque le procureur, écumant de rage, lui fît le dénombrement de ses péchés, depuis la lacération du manifeste, jusqu'à l'insolent discours qu'il venait de lui adresser, le baron lui répondit d'un ton ferme et calme t — Comme baron allemand, je ne me reconnais justiciable que du saint empire romain, dont je suis vassal. J'ai déchiré votre manifeste, parce qu'en qualité de gentilhomme, j'ai été indigné de l'insolence avec laquelle des marchands de Gènes se permettent d'outrager l'un de mes pareils. Je vous ai renversé j3arce que vous me bairiez le chemin , et si vous vous trouvez offensé, je vous en rendrai raison

l'épée à la main, dès que vous m'aurez prouvé que vous êtes inscrit comme nobile dans le livie d'or de votre république.

Muet de rage, le procureur tenait les :y eux fixés sur le hardi jeune homme , et les trois secrétaires frissonnaient d'horreur. Le roulement d'une voiture se fit entendre : Frédéric vola à la fenêtre, et ayant .reconnu la livrée l'Olympia, il disparut sans faire d'adieux.

Le procureur, la figure allongée par le <lépit, et violet de colère , le suivit des yeux; puis, s'étant un peu rcjcueilli, il ordonna au premier secrétaire de faire avancer sa voiture, au second de l'annoncer chez le gouverneur de Livourne paur une audience secrète, et au troisième d'aller lui chercher unepoudre tempérante. Cette valetaille vola exécuter les ordres de son jnaître. — Que je meure, s'écria son excellence en grinçant les dents, si moi et la sérénissime république nous n'obtenons pas pleine et entière satisfaction d'un tel

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