‹ Théodore, le roi d'étéChapitre 65 sur 120 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

même eût été enlevée au premier assaut, si Kloska, le dernier survivant des Bohémiens amnistiés, n'eût pas donné à temps l'alarme. La femme de Castagnetta, pâle et portant sur ses traits l'expression du désespoir, vint trouver Frédéric en tenant son enfant par la main, et lui demanda fièrement quel parti il comptait prendre.

— -Celui de me défendre jusqu'à l'extrémité, et alors de m'enterrer sous les ruines de cette tour, répondit-il d'un ton ferme.

— Vous êtes digne de commander des Corses, répondit l'héroïque Julia; et moi aussi, je me montrerai digne du nom de Corse et du titre d'épouse de Castagnetta.. Mais je vous conjure de ne pas céder à une générositémal entendue: que le soin de ma sûreté n'entrave point votre défense; mon enfant et moi, nous mourrons avec joie pour apprendre aux bourreaux de Cènes à connaître les Corses.

Frédéric, profondément attendri, serra la main de cette femme courageuse; il prit;

dans ses bras la petite Claudia et lui fît les.: plus tendres caresses, puis il descendit pour prendre les mesures les plus énergiques.

Le combat durait déjà depuis un heure.

Frédéric, placé de nouveau sur la plateforme, commandait vingt carabiniers qui, fidèles à leur ancien proverbe : // Corso non tira , si non è sicui'O ciel sua colpo * , ajustaient lentement et ne cessaient d'éclaircir les bataillons génois.

A genoux avec sa fille, Julia adressait des prières au ciel, lorsque tout-à-coup le feu cessa, et six sous-officiers montèreat en haut de la tour, députés par la garnison qui en défendait la partie inférieure. Le plus ancien dit à Frédéric d'un ton mutin, que de cent hommes qu'ils étaient, quarante avaient déjà été tués, et que ceux qui restaient n'avaient nulle envie de se faire éîïor^er inutilement. — Nous ne pouvons ni ne voulons, ajouta-t-il,.

*■ Le Corse ne tire que lorsqu'il est sûr de son coup..

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