CHAPITRE XIX. 2o
#ans mille affaires fâcheuses. Quelquesunes de mes propriétés se trouvent même sur le territoire génois, dit la duchesse; il a bien fallu que je fisse une visite au tout-puissant commissaire de la république, quoiqu'il m'en coûtât.
— IMais cette familiarité, l'influence que vous sembliez exercer sur lui...! dit Frédéric qui commençait à douter de la cidpabilité d'Olympia.
— Cruel , s'écria celle-ci en sanglottant. Tu me fais un crime de m'étre sacrifiée pour te sauver. Il est vrai que Rivarola m'adore; fallait-il donc négliger l'ascendant que son amour me donne sur lui, et te laisser traîner à une mort ignominieuse? Va, ton âme est incapable de concevoir ce qu'une femme peut souffrir pour celui qu'elle aime. Je quitte cette île pour toujours, et le voile mettra une barrière insurmontable entre ce faible cœur et ses ardens désirs.
Elle voulut sortir rapidement, mais Hcédéric se jeta à genoux en la suppliant
de lui jDardonner ses injustes soupçons.
— Hélas! dit Olympia d'une voix éteinte, et elle abandonna sa main à l'amoureux Frédéric, Pauvies femmes, que nous sommes faibles!
— Bravo! s'écria Trévoux qui venait d'entrer dans le cabinet, voilà un gi'oupe délicieux. Se quereller vivement, se réconcilier promptement, voilà ce qui s'appelle aimer. Vous commencez, cousin, à vous identifier avec le caractère national des Corses, comme il convient aux gouvernans qui savent leur métier. Je suis désolé de troubler des momens aussi doux, mais j'ai pour mon excuse le désir unanime de la jeune noblesse corse qui veut vous voir à sa tète, en qualité de général de l'armée des chrétiens, dans les jeux moresques qu'elle va représenter aujourd'hui devant le roi.
— Je neme soucie pas decethonneur,lui dit Frédéric piqué de cette interruption, et mablessure m'interdit tout violent exercice.
: — Allons, dit Trévoux d'un ton jovial,