‹ Théodore, le roi d'étéChapitre 80 sur 120 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

rations, consulta les étoiles, et n'y lut, comme de raison, qu'un avenir funeste.

11 retourna à Mariana d'un pas précipité : l'armée des Maures, ayant à sa tète Trévoux, qui montait un superbe cheval barbaresque, se mit en bataille : elle était composée de quatre-vingts danseurs, couverts de cuirasses d'or, coiffés de casques d'or surmontés de panaches écarlates, et décorés d'écharpes de la même couleur.

Un bourgeois d'Aleria arriva en toute hâte; il annonça aux Maures que la ville venait de se rendre , que Corte venait également de succomber, et que Mariana ne tarderait pas à subir le même sort si l'on ne songeait pas à se défendre vigoureusement. Le général fit un appel à l'armée, qui répondit par des acclamations. En ce moment, les fanfares et le bruit des tymbales annoncèrent l'approche de l'armée des chrétiens. Frédéric parut à sa tête, monté sur un fougueux cheval Isabelle : une armure d'argent couvrait sa poitrine, nne multitude de plumes blanches se ba-

:âo8 THliODORE, LE ROI d'ÉtÉ.

laiioaient sur son casque, une écharpe blanche flottait sur son épaule. Il était suivi de quatre-vingts danseurs armés et parés ^ comme lui , et choisis dans toutes les conditions, dans les familles des bergers comme dans les premières maisons nobles de l'ile. La Corse tout entière avait été mise en réquisition pour enrichir de pierreries et orner de métaux précieux les armures de tous ces guerriers. Les chrétiens dressèrent leurs tentes; la ville fut sommée de se rendre, et sur son refus, tous les préparatifs furent faits pour donner l'assaut. Le général maure en donna le signal par une sortie qu'il fit contre les chrétiens. Chacune des armées, marchant avec le plus grand ordre sur les pas de son chef, alla droit à l'ennemi , d'un air menaçant , et les combattans croisèrent les épées dont ils étaient armés. La marche se réglait sur la mesure de la musique guerrier e qui, changeant subitement de mesure, donna le signal du combat. Tout-à-coup, les rangs semblèrent se mêler, et bien

Page 1