‹ Théodore, le roi d'étéChapitre 81 sur 120 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

qu'à chaque instant chacun des combattans changeât d'adversaire, l'épée du chrétien ne rencontrait jamais que l'épée d'un Maure; un coup n'était jamais perdu dans les airs, et toujours le fer frappait le fer. La musique guerrière, qui avait réglé les mouvemens du combat, donna le signal de la retraite. Les armées se retirèrent dans l'ordre où elles étaient arrivées; les Maures rentrèrent dans Mariana et les chrétiens dans leur camp. Alors, douze combats livrés par des hommes disposés en cercle , ou formés en pelotons , mais dont chacun différait de l'autre , eurent lieu sous les yeux des spectateurs rchaque engagement était précédé par un défi de paroles que se faisaient un chrétien et un Maure qui se rencontraient entre les deux armées et qui vantaient la bravoure de leur nation en termes ampoulés. \JEspagnoletta, dans laquelle le bruit des pieds qui frappent la terre sert d'accompagnement au cliquetis des épées , £t où les poses des guerriers, plus nobles

2IO THÉODORE, LE ROf DETÉ.

et plus martiales, rappelaient aux specta-teurs la pyrrhique des anciens , produisit plus de sensation que les autres danses. Les manteaux et les écharpes de soie qui voltigeaient dans les airs, les ondulations des panaches blancs et rouges, l'éclat des armures, l'éclat des épées frappant sans cesse l'une contre l'autre, les mouvemens rapides par lesquels cette masse éclatante et bariolée semblait agitée en flots confus en apparence , et cependant constamment réglés avec un ordre admirable, donnaient à l'arène l'aspect d'un magique parterre dont les fleurs gigantesques, formées de métaux précieux et de pierreries , et agitées par l'aquilon , se baissent et se relèvent tour-à-tour.

On exécuta enfin la dernière danse guerrière, appelée resa, parce que les Maures vaincus y rendaient les armes. Les danseurs formaient plusieurs cercles qui se rétrécissaient de plus en plus, à mesure que leurs forces et leur courage abandonnaient les combattans. Déjà leur centre

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