CHAPITRE XXII
Da.]\^s le cabinet de Théodore , les deux princes, debout au milieu des ministres, attendaient les derniers ordres du roi qui était sur le point de son départ.
— Les renforts que j'attends du continent depuis des mois , dit-il , tardent encore. Les lettres que j'ai reçues aujourd'hui réveillent en moi le sou})ron que mes consuls me trompent, et je crois qu'il est de mon devoir d'aller chercher moi-même ces secours que j'ai promis à mon empire et qui sont indispensables pour détruire entièrement la puissance qu'exerce Gènes sur cette île hbre. C'est vous, mon fils
'Àlij THÉODORE, LE ROI DÉfÈ.
bien-aimé, que je nomme vice-roi de la Corse pendant mon absence ; et vous , mon cher cousin, je Vous fais son lieutenant. Les comtes Giafferi et Paoîi commanderont , sous vos ordres , les provinces audelà des montagnes, et le marchèse Ornano celles qui sont en-deçà. Les comtes Pangoni et Duraggi , et le chevalier Susini , gouverneront la province clel/a Roma il gente. Vos instructions sont : Union, et haine à Gènes. Je laisse le reste à votre courage et à votre prudence. Que Dieu vous ait en sa sainte et digne garde , et puissions-nous bientôt nous revoir!
Théodore tint long-temps son fils embrassé, puis, il le repoussa doucement et lui fit signe de s'éloigner.
— Ah! mon père, s'écria Frédéric en proie à de noirs pressentimens , ne vous reverrai-je jamais! et si nous devons nous revoir encore, notre rencontre causerat-elle notre joie ou notre désespoir?
Théodore, profondément ému, fixa ses regards sur son fds , n)ais il ne tarda pas.^