‹ Théodore Parker, sa vie et ses œuvresChapitre 12 sur 37 · I. Jean, vu · texte numérisé non relu

I. Jean, vu

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il lui mis à l’ind(‘\ d(* la suciélé unitaire, à plus forte laison de la majonté orthodoxe. Ses partisans de Boston crurent donc le moment venu de lui offrir le moyen de prêcher chaque dimanche dans cette ville, et, partir du 16 février 18/i5, il tint des prédications hebdomadaires dans une vaste salle appelée MèlotUon, et dont l’usage, pendant la semaine, n’avait rien de très-éditianl. On y donnait d(‘s concerts, des représentations théâtrales. Quel- (|uefois le prédicateur, en montant le dimanche matin dans sa chaire, apercevait les frivoles instruments des plaisiis de la veille, qu’on avait à peine eu le temps de ranger dans un coin de l’édifice. Mais la nécessité faisait loi, aucun autre local n’était alors disponible, et d’ailleurs les Américains là-dessus u’ont pas notre susceptibilité. Le prédicateur et l’auditoire ne tardaient pas à oublier complètement tout te reste pour se concentrer sur de hautes et solennelles pensées. Si l’habit n’a jamais fait le moine, le temple fait encore bien moins le prédicateur. Bientôt, en dépit des anathèmes, la salle devint trop petite pour contenir un auditoire qui allait toujours en grossissant. Avec l’éminent prédicateur, M. Heni^j Ward Beecher, frère de l’auteur de l’Oncle Tom, Théodoii* Parker a été ju.squ’â sa mort l’orateur le plus (‘Cont(' de r\méri(|ne.

Extraits de son journal :

16 février 18/i5. — J’ai prêché aujourd’hui pour la première fois au Mélodéon. Le temps était très-défavorable, pluvieux, de la neige épaisse dans les rues qu’on ne pouvait traverser qu’avec difficulté. Cependant il y avait un nombreux auditoire, en majorité composé d’hommes, tout différent de mes auditoires ordinaires.

J’ai senti la grandeur de la circonstance; je l’ai même trop sentie. Je n’étais pas à mon aise pendant le service. Je me voyais comme un homme entouré de quelques amis, de quelques ennemis et de beaucou)) d’étrangers. Ce jour a été un jour de combat. Une longue, longue campagne s’ouvre devant moi. M’en montrerai-je digne? Combien puis-je faire? Combien supporter? Je ne sais. Je regarde seulement à l’âme de mon âme, sans confiance exagérée en moi-môme, mais avec une foi de diamant en Dieu.

Les félicitations de quelques amis m’ont fait beaucoup de bien. J’aime à sentir la main d’un ami. M‘“' *** est venue me trouver dans la petite chambre, et m’a pris la main. Je suis un enfant en certaines choses. J’espère , que je le serai toujours.

3 mars. — Je n’ai qu’une ressource, c’est de vaincre le mal par le bien, beaucoup de mal avec plus de bien, du vieux mal avec de nouveau bien. Quelquefois, quand je rerois une insulte toute fraîche, elle me fait bouillir le sang pour un moment ; puis cela passe, et je cherche, s’il est possible, à faire en secret ([uelque bien à la per-

sonne qui m’a offensé. C’est étrange comme cela enlève la douleur d’une blessure. Être fidèle à Dieu et au talent unique \ que la mort seule doit enfouir, cela dépend de moi. Qu’on sache que je le suis, cela dépend des autres, et s’ils ne le savent pas, eh bien! c’est leur affaire, non la mienne. Quelquefois, je voudrais que la mort vînt m’endormir au bruissement de ses ailes. Mais bientôt la foi coupe court à ce murmure, et je me borne à dire : Ta volonté soit faite !

Cependant le succès croissant de ses prédications à Boston détermina ses amis à faire un pas de plus, et profitant de l’entière liberté religieuse qui règne en Amérique, ils s’organisèrent en communauté distincte et invitèrent Parker à se mettre, comme pasteur, à leur tête. Parker devait pour cela rompre les liens officiels (pii le rattachaient encore à funitarisme constitué de la IVouvelle Angleterre, Quant aux liens officieux , il ne furent jamais détruits totalement, et quelles que soient les sorties échappées parfois à sa veiTe, il ne fut jamais autre chose, au fond, qu’un ministre unitaire plus avancé que les autres. 11 lui en coûta toutefois de se séparer de sa chère petite paroisse de West- Roxhury, Il exprima ses regrets à ses paroissiens dans un touchant langage, les remerciant de leur

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