‹ Theodore Parker, sa vie et ses œuvresChapitre 9 sur 29 · Jean, yii · texte numérisé non relu

Jean, yii

il fut mis à Findex de la société unitaire, à plus forte raison de la majorité orthodoxe. Ses partisans de Boston crurent donc le moment venu de lui offrir le moyen de prêcher chaque dimanche dans cette ville, et, à partir du 16 février 1845, il tint des prédications hebdomadaires dans une vaste salle appelée Mélodèon, et dont Fusage, pendant la semaine, n'avait rien de trës-édifiant. On y donnait des concerts, des représentations théâtrales. Quelquefois le prédicateur, en montant le dimanche matin dans sa chaire, apercevait les frivoles instruments des plaisirs de la veille, qu'on avait à peine eu le temps de ranger dans un coin de l'édifice. Mais la nécessité faisait loi, aucun autre local n'était alors disponible, et d'ailleurs les Américains là-dessus n'ont pas notre susceptibilité. Le prédicateur et l'auditoire ne tardaient pas à oublier complètement tout le reste pour se concentrer sur de hautes et solennelles pensées. Si l'habit n'a jamais fait le moine, le temple fait encore bien rfioins le prédicateur. Bientôt, en dépit des anathèmes, la salle devint trop petite pour contenir un auditoire qui allait toujours en grossissant. Avec l'éminent prédicateur, M. Henry Ward Beecher, frère de l'auteur de V Oncle Tom, Théodore Parker a été jusqu'à sa mort l'orateur le plus écoulé (lo l'Amérique.

Extraits de sou journal :

16 février 1845. — J'ai prêché aujourd'hui pour la première fois au Mélodéon. Le temps était très-défavorable, pluvieux, de la neige épaisse dans les rues qu'on ne pouvait traverser qu'avec difficulté. Cependant il y avait un nombreux auditoire, en majorité composé d'hommes, tout diJBTérent de mes auditoires ordinaires. J'ai senti la grandeur de la circonstance ; je l'ai même trop sentie. Je n'étais pas à mon aise pendant le service. Je me voyais comme un homme entouré de quelques amis, de quelques ennemis et de beaucoup d'étrangers. Ce jour a été un jour de cpmbat. Une longue, longue campagne s'ouvre devant moi. M'en montrerai-je digne? Combien puis-je faire? Combien supporter? Je ne sais. Je regarde seulement à l'âme de mon âme, sans confiance exagérée en moi-même, mais avec une foi de diamant en Dieu.

Les félicitations de quelques amis m'ont fait beaucoup de bien. J'aime à sentir la main d'un ami. M"« *** est venue me trouver dans la petite chambre, et m'a pris la main. Je suis un enfant en certaines choses. J'espère que je le serai toujours.

3 mars. — Je n'ai qu'une ressource, c'est de vaincre le mal par le bien, beaucoup de mal avec plus de bien, du vieux mal avec de nouveau bien. Quelquefois, quand je reçois une insulte toute fraîche , elle me fait bouillir le sang pour un moment ; puis cela passe, et je cherche, s'il est possible, à faire en secret quelque bien à la per-

^ THÉODORE PAKKEE.

Mime {tn ni^ «ifisiBsifu Cest «i"ii iiji coaune cela enlève la «iouimr (Ttok blrnsm. txrt idâe à Dieu et au ta- If?iic ntsk^/m K <f«? la mort seule dcHt enfouir, cela éé^fsad fki moî. Qu'oa sache qpBe je le sois, cela dépend d» aiEQn?if . <>c sUs ae le saivat pss, eh bien! c^est lear alEûrfi . non la wasemae. Quelquefois, je Tondrais que la nort Tînt m'eBéormr an bnûssement de ses ailes. Biais bientôt b foi co«pe court à ce nnrmnre, et je me borne à dire : Ts tatmêté $oU fmUe f

Cependant le succès croissant de ses prédications à Boston détermina ses amis à Cadre un pas de plus, et profitant de rentière liberté religieuse qui règne en Amérique, ils s'organisèrent en communauté distincte et inTitèrent Fariner à se mettre, comme pasteur, à leur tète. Parker devait pour cela rompre les liens officiels qui le rattachaient encore à runitarisme constitué de la Nouvelle Angleterre. Quant aux liens officieux, il ne furent jamais détruits totalement, et quelles que soient les sorties échappées parfois à sa verve, il ne fut jamais autre chose, au fond, qu'un ministre unitaire plus avancé que les autres* Il lui en coûta toutefois de se séparer de sa chère petite paroisse de West- Roxbury. Il exprima ses regrets à ses paroissiens dans un touchant langage, les remerciant de leur

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