MM. HAAG ET LEURS 1KA\ AUX
S'il fallait^ en croire la plupart des critiques, noire siècle ne connaîtrait plus ces longs labeurs, ces solides vertus, cette simplicité austère^ ce désiuléressement à toute épreuve qui ont été le mérite coiDouin de (aut d'hommes éminents du passé. Le cultu passionnù de la fortune, Tamour de l'éclat et du briiil, la recherche hâtive du succès, la soif immodérée des jouiàsances grossières, voilà, dit-on, les seuls rao)>iles qui animent les hommes de notre génération- Où sont les Bénédictins du présent siècle, deniande-t-onF Où sont les vies laborieuses et cachées? Où trouver encore des caractères inébranlables dans hi fermeté ul dans Tindépendance? — Certes, nous ne ?niiiniF.^s pas de ceux qu'on voit toujours disposes a Inucr tout
ce qui se fait de leur temps ; nous reconnaissons franchement les imperfections et les défauts de notre époque, mais nous ne pouvons nous empêcher de constater de grandes exagérations dans le langage- que tiennent à cet égard les preneurs des temps passés, laudatores temporis actu Oui, même dans ce siècle où les intérêts matériels ont pris un développement si excessif, il s'est rencontré, il se rencontre encore des hommes uniquement préoccupés des progrés de la science et de la vérité ; il s'est rencontré des hommes qui ont préféré les joies sévères et très-modestes d'un travail utile à toutes les séductions du succès et de la gloire.
Eugène et Emile Haag ont été de ces hommes-là. Il est infiniment rare de trouver deux frères aussi étroitement unis et qui aient mis en commun avec une abnégation si complète leurs intérêts et leurs ambitions. On a cité souvent l'exemple des deux Corneille qui vivaient ensemble et se rendaient tous les jours des services réciproques dans leurs travaux littéraires, avec un entier dévouement. Les frères Haag, quant à l'affection mutuelle, ne leur furent nullement inférieurs. Ils ne pouvaient vivre longtemps l'un sans l'autre. Quand Eugène fut nommé professeur de littérature française à l'École de com- . merce de Leipsick, Emile obtint la chaire d'économie politique à la même Ecole. Quand Eugène quitta Leipsick pour venir se fixer à Paris, Emile ne tarda pas à l'y suivre. Et quand Emile, dont la santé était
fortement ébranlée depuis longtemps , succomba en mai 1865, Eugène ne put soutenir ce rude coup. Il tomba malade et sa santé resta brisée à toujours. Cette union profonde qui confondait, pour ainsi dire, deux existences, se manifestait jusque dans les détails les plus insignifiants en apparence. Ainsi, quand on rencontrait au bas d'un article de journal cette signature E. Haag, il était imposible de dire si elle appartenait à Eugène ou à Emile. Peu. leur importait; chacun était également prêt à répondre des affirmations de Tautre si elles étaient contestées, ou à lui en céder rhonneur si elles obtenaient quelque succès.
C'est à Montbéliard que naquirent les deux frères, Eugène en 1808, Emile en 1811. Ils gardèrent, toute la* vie, pour leur province natale un très-vif attachement, et n'en parlèrent jamais sans émotion. Nous trouvons dans le journal le Bon sens une série d'articles sur le comté de Montbéliard qui s'ouvrent par une description charmante du site pittoresque où s'élève la ville. On voit bien que c'est un enfant du pays qui parle :
a La ville de Montbéliard, écrit Emile Haag, située au confluent de l'Allau et de la Luzine, occupe un vallon resserré que parcourait cette dernière rivière avant que son cours sinueux eût été détourné, vers le milieu du quatorzième siècle, pour faire place aux nombreux agrandissements que la ville reçut depuis. Son horizon, quoique borné, est varié et pittoresque. Au nord, la chaîne bleuâtre des Vosges; au midi, la chaîne du Jura, qui
vient, en s'abaissant par ondulations, jusqu'aux portos de la ville; et sur ses flancs, des prolongements de ces mêmes chaînes de montagnes bornent sa perspective. Le laisser aller, pour ainsi dire, de ses rivières et de ses ruisseaux, la douce verdure de ses prairies, le pampre de ses coteaux, l'heureuse fertilité de son sol, les nombreux villages que Ton voit épars çà et là, soit à l'ombre des forêts, soit au pied de roches grisâtres, ne lui laissent rien à envier aux plus gracieux paysages de la Suisse. Les points culminants du panorama sont le Ballon, dans les Vosges et le Chasserai, dB.ns le Jura; ces deux montagnes conservefut pendant sept mois de Tannée leur manteau de neige. » (N"* du 16 janvier .1838).
Si la ville de Montbéliard ne manque pas d*originalité, l'histoire du pays n'est pas moins exceptionnelle. Le Comtéy plusieurs fois occupé par les Français, ne fut définitivement cédé à la France par la maison de Wurtemberg qu'en 1796. Mais déjà, en 1793, le conventionnel Bernard de Saintes avait pris possession de la ville au nom de la république fiiançaise. Le petit pays de Montbéliard s'honore d'avoir donné naissance à des savants de divers ordres, à des naturalistes tels que le grand Cuvier\ son frère Frédéric Cuvierj Du vemotfy Laurillard et à beaucoup de théologiens protestants, dont le plu's bizarre fut le duc Ge(yrges de Wurtemberg, qui avait trouvé le loisir de lire 1500 fois la Bible entière. Ce prince cultiva avec passion la philosophie de Descartes, publia d'es ouvrages sur TApo-
calypse et un traité Sur la manière de comprendre la Bible.
Les frères Haag sont dignes de grossir la liste des illustrations de leur pays. Ils avaient été préparés à la vie de travail et de persévérants efforts, qu'ils ont menée plus tard, par une forte éducation. Leur mère, restée veuve de bonne heure, dans une situation de fortune très-restreinte, était a une de ces femmes dont a rintelligence et le cœur prévoient et assurent Tavecc nir d'un enfant. Elle eut l'influence la plus décia sive sur les premières années de son fils aîné. » Au reste, elle n'avait qu'à suivre les traditions locales pour imposer à ses fils une dure austérité. Au moyen âge, pour inspirer aux enfants du pays une salutaire horreur de la mauvaise conduite et du crime, on les faisait assister aux exécutions capitales , et pour mieux graver dans leur mémoire les instructions et les leçons qu'ils avaient dû recevoir de ce hideux spectacle, aussitôt après- le supplice, on. les fouettait sur place, et jusqu'au sang. C'était là, il faut l'avouer, un système d'éducation barbare; il est fort heureux sans doute, que ces mœurs sauvages se soient adoucies; mais on doit reconnaître que certains caractères en sortaient solidement trempés. Eugène Haag , tout en blâmant cette manière d'éveiller les confciences, ne pouvait s'empêcher de redire avec une sorte de satisfaction « qu'il y avait là quelque chose de lacédémonien. »
Bien qu'élevés ensemble, les deux frères montrèrent
bientôt des tempéraments divers. Emile était plus littéraire, plus français peut-être, avait un goût plus . délicat pour la poésie et pour Tart, mais sa santé était plus faible. Eugène était plus rude et plus ro-r busto de corps et d'esprit. Pendant quelques années il se trouva journellement à la Bibliothèque de Tlnstitut, assis à la même table où travaillait Proudhon. Une certaine analogie dans le tour de Tesprit, leur dédain des conventions et des formes les rapprocha. Ils s'estîmaient Tun l'autre, quoiqu'ils fussent loin de s'entendre sur tous les points. La franchise frondeuse et la crudité des termes plaisaient également au paradoxal penseur Franc-Comtois, et à son voisin de iravail et d'origine, le critique de Montbéliard.
Eugène eût toujours une passion énergique et dominante pour l'étude. Cependant elle n'étouffait pas en lui les sentiments du cœur; il avait le plus sincère attachement pour ses amis^ et nous avons vu quelle affeclion profonde et tendre l'unissait à son frère. Après avoir fait tous les deux leurs études au collège de Montbéliard, ils allèrent à Strasbourg où rainé assista aux cours de la Faculté de théologie tandis que le plus jeune suivait ceux de la Faculté de droit. Mais le premier n'exerça jamais les fonctions de pasteur, de même que le second ne devint ni avocat, ni magistrat. Eugène subit avec succès ses examens théologiques, mais la thèse qu'il présenta à la fin de ses éludes ayant soulevé, quelques objections, il en écrivit une seconde qui fut également
repoussée. Dans ces deux thèses, le jeune théologien n'avait pu s'empêcher de s'exprimer avec trop de franchise sur les questions politiques qui agitaient alors les esprits. Il renonça dès-lors à la pratique du saint ministère pour se vouer tout entier à l'étude.
!♦ dirigea pendant trois ans, avec un pasteur alsacien, un pensionnat de garçons à Çernay; il donna pendant ce temps quelques prédications. Il se rendit ensuite en Allemagne et fut chargé, pendant quelques années, d'un cours de littérature française â l'école de commerce de Leîpsick. Ces fonctions l'amenèrent à publier dans cette ville son premier ouvrage, Cours complet de langue française^ en quatre parties (1834- 36, in-8**) V Ce long travail fut bientôt suivi d'un second : Vues classiques de la Suisse, d'après Zschokke (1836-37, in.8«).
Quant à Emile, après avoir été précepteur en Pologne pendant deux ans, il professa, <5omme nous l'avons dit, l'économie politique à l'Ecole de Leipsick. Un de ses premiers ouvrages fut un volume de Satires
* !'• partie. — Grammaire française, sur un plan entièrement nouveau, suiti d'exercices sur toutes les dirflcultés de la grammaire et de la syntaxe, par Uaag et Fcller.
2* partie. ~ Cours complet éCanalyses, renfermant analyses grammaticales, analyses grammaticales raisonnées et analyses logiques, et suivi d*nn dictionnaire des difOcultés de la langue française.
3' partie. - Dictionnaire complet des synonymes de la langue française, suivi d*im dictionnaire des homonymes et des paronymes.
4* partie. — Lectures françaises. Morceaux choisis des meilleurs auleurs dans tert différents genres de littérature. Ouvrage destiné aux Ecoles supérieures, aux Instituts de t ommerce et aux Pensionnats.
et Poésies diverses (Paris, 1844, in-18), dont il s'était proposé de faire une seconde édition sous ce titre : Mes péchés de jeunesse. Les poésies que renferme le voluine sont précédées d'une sorte de préface où l'auteur expose sa théorie de la versification. Il regrette beaucoup la liberté dont jouissaient nos anciens poètes au point de vue de la rime, de l'élision, des accents, etc., et il est fort loin de voir dans Malherbe le réformateur de la poésie française.
Voici comment il s'exprime dans une boutade intitulée : La poésie est morte.
La Poéiiie edl morte, et si j'en crois nos pères,
Elle est morte sans héritières, ^
Depuis bien des centaines d'ans ; La Mort l'aura broyée âme et corps sons ses flents.
Elle est morte de mort violente,
Morte d'ennui, de fièvre lente,
De trop d'amour, que sais-je enfin?
Malherbe fut son médecin,
Despréaux son apothicaire,
Et notre sublime Voltaire,
Ne lui donna point le haut bout,
Dans son pauvre Temple du Goût.
Il faut l'avouer, c'est bien là une boutade et comme dans (outes les boutades, on doit y faire la part de Texagèration. Une langue est comme un être vivant; elle obéit, elle aussi, à la loi du développement; elle ne peut avoir les mêmes formes dans sa maturité et dans sa jeunesse; or, la poésie française entendue ainsi que le voulait Emile Haag ressemble à une
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femme d'âge plus que mûr, habilléo en petite fille. Déranger, à qui Tauteur des Satires et Poésies diverses avait ofifert son volume, lui répondit, en le remerciant, par ces paroles aussi justes que spirituelles : « Quant à ces vers, ils contiennent trop d'esprit et « d'idées pour ne pas se faire pardonner certaines a infirmités, fruits du caprice paternel. >) (Passy, 24 févr. 1847.)
En 1836, les deux frères quittèrent Leipsick pour venir se fixer à Paris. Les premières années de leur séjour dans la capitale furent difficiles; ils eurent à lutter contre une gêne très-grande et durent chercher des ressources dans les travaux littéraires les plus variés; ils firent des traductions de divers ouvrages allemands, anglais, polonais, et prirent part à la rédaction de plusieurs journaux, notamment le National^ VÉpoque et le Bon Sens dirigé par M. Louis Blanc. Eugène fut même rédacteur d'un journal de médecine homœopathique avec le docteur Roth. Pendant trois ans il publia le Disciple dé Jésus-Christ^ qu'il a de nouveau dirigé il y a peu d'années, et le Lietty journal des Eglises réformées de France, s'honore de l'avoir eu aussi pour directeur pendant quelques mois en 1843. Les connaissances d'Eugène Haag étaient aussi étendues que variées; aucun travail ne le rebutait; il était capable d'acquérir, en peu de temps, dans n'importe quelle science, des connaissances précises et même étendues. Ainsi, le duc d'Orléans, voulant se procurer des renseignements exacts sur
'art militaire qn Allemagne , on s'adressa de sa part à Eugène Haag, et pendant quelque temps, toutes ses études se rapportèrent à ce sujet, si éloigné de ses occupations habituelles. Il écrivit en outre pour V Encyclopédie des gens du monde, un grand nombre d'articles dont plusieurs sont cités parmi les plus remarquables de ce recueil. Quelque temps auparavant, il avait travaillé, sous les auspices de M, Lajard, à ï Histoire littéraire de la France. Enfin, il participa longtemps à la rédaction de la Revue germanique. De cette époque dalent ses Vies de LutJier (Valence, 1839, in-18) et de Calvin (Paris, 1840, in-18); sa traduction de V Opinion de Milton sur la Trinité (ift., 1842, in-12). Quant à Emile, il traduisait de l'anglais la Vie de Varchevêque Cranmer, par Gh. Webb Le Bas, professeur au Collège des Indes orientales. (Paris, 1843, 2 vol. in-18).
J'ai hâte d'arriver à l'ouvrage le plus considérable des deux frères, à cette amvre immense qui, selon l'heureuse expression' de M. Michelet, a ressusMté un monde, la France protestante. Un soir que les deux frères s'entretenaient ensemble de leurs études favorites, Emile proposa à Eugène d'écrire un dictionnaire biographique des protestants de France. Les recueils alors existants leur consacraient à peine trois cents articles qui, en général, étaient peii exacts; et il semblait juste, nécessaire de leur en destiner beaucoup plus. L'ouvrage, cependant, ne devait comprendre d'abord que deux ou trois volumes in-S**; mais il ne -tarda pas à prendre un déve-
loppement bien plus grand. La France protestante contient en effet au moins deux mille articles, et si Ton compte les noms de tous les protestants dont il y est fait mention, on ne reste guère au-dessous de dix mille. Ces chiffres, déjà considérables, le seront encore bien davantage quand aura paru, sous les auspices de la Société de l'histoire du protestantisme français, le supplément qui doit achever et couronner l'œuvre, et dont a bien voulu se charger M. Henri Bordier, auteur avec M. Gharton de l'excellente Histoire de France, racontée 'diaprés les documents originaux et figurée par les monuments de Vart de chaque époque. Rétablir les faits qui avaient été dénaturés, remettre en lumière ceux qu'on avait ignorés, ou méconnus, reconstruire sur des preuves authentiques trois siècles d'histoire, restituer à la patrie commune bien des gloires inconnues où injustement obscurcies, telle fut la tâche énorme dont les deux frères poursuivirent seuls, pendant quinze années, avec une abnégation au-dessus de tout éloge, le laborieux accomplissement. . Ils se partagèrent le travail. Emile s'occupa des poètes et des artistes protestants et si cette portion du livre devait être la plus restreinte, elle en fut aussi la plus neuve ; tout était à faire sur ce sujet. Emile Haag sut prouver par des faits nombreux et significatifs combien est mal fondé le préjugé vulgaire d'après lequel la réforme et le libre examen seraient stériles dans le domaine du beau. Les personnages politiques, les théologiens, les écrivains de tout genre, c'est-à-dire la grande majo-
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rilé des biographios furent du domaine d'Eugène. lîien ne put détourner les deux frères de leur gigantesque entreprise, ni les difficultés matérielles, Irèsrnnsidérablcs et sans cesse renaissantes, ni les révo- . lu Lions qui L^hangeaient autour d'eux Ja royauté en république, et de la république faisaient un empire, ni les sacrifices personnels auxquels leur travail les rondaranait. Souvent Eugène Haag fut prié d'abréger Fonvrage , il s'y refusa toujours avec une imperturbable persévérance, et Je ne sais, disail-il, s'il nous sera (i donné de terminer noire France protestante^^ mais il <c vaut mieux mille fois pour elle demeurer inachevée û qu'être finie avec moins de détails et de précifi sion historique » Malheureusement, le public ne fcnïnignail pas un intérêt suffisant à la publication de l'œuvre, et Fùdileur, M. Joël Gherbuliez, hésita plus d*une fois à la rontinuer. Deux volumes sur neuf furent publics aux frais des auteurs. Longtemps, il sembla que la France protestante, faute de ressources, resterait un monument inachevé. Les amis de la science historique et ceux du protestantisme s'émurent de cette siLuation, Sur hi [proposition des pasteurs Douen^ Puaux el Aih, Coquerel fds, une conférence pastorale, tenue à Paris en 1S59, nomma une Commission chargée : 1° de recommander an public français et étranger le Livre (fur du prolcstantisme français; 2® d'offrir à MM. Haag im fémoignacre de la gratitude des protestants français pour \i^ zèlo, la haute capacité et le dévouement dont il?^ rnaienl h\\ preuve en entreprenant et en menant à
bonne fin un si vaste travail. — La Commission, coehposée des pasteurs Juillerat, GrandPierre, Ath. Coquerel fils et A. Mette tal, s'acquitta de son tnaadat. Elle rédigea deux circulaires dont l'une fut envoyée à tous les pasteurs de France et l'autre aux protestants de Paris. Plusieurs Eglises répondirent par des dons plus ou moins considérables. En voici la liste : Paris, Lyon, le Havre, Nîmes, Mulhouse, Nantes, Bergerac, Montpellier, Valence, Sauve, Gros, Lavoulte, Piguan, Strasbourg, Vallon, Vauverl. Quand la souscription fut close, MM. GrandPierre et Ath. Goquerel fils, délégués par la Commission et accompagnés de M. Henri Bordier, qui les avait puissamment secondés dans leurs efiforts, se rendirent au domicile des frères Haag et leur remirent, avec une somme de dix mille francs, deux albums richement reliés, contenant les nuois des souscripteurs et portant ces mots sur la Luuverlure :
A M. E. HAAG, TÉMOIGNAGE DE GRATITUIïE OFFERT PAR LES PROTESTANTS DE FRANCE, ]8ti(-
La première page portait celle dédicace :
SOUSCRIPTION EN l/ HONNEUR
DE