‹ Théologie cosmogonique; ou, Reconstitution de l'ancienne et primitive loiChapitre 117 sur 154 · L'INDUSTRIE PENDANT LE MOYEN AGE · texte numérisé non relu

L'INDUSTRIE PENDANT LE MOYEN AGE

L'industrie si rudimentaire et si grossière du moyen âge, est encore due à l'ignorance de cetle époque funeste pour la civilisation . Il y avait au moyen âge du commerce, mais presque point de manufactures nationales. On fabriquait dans les pays du Nord les étoffes grossières dont s'habillait le peuple des villes et des campagnes. Les draps fins , les velours, les brocards, les soieries, les satins et les mousselines qui servaient aux costumes resplendissants d'or, d'argent et de pierreries de la noblesse et des princes de TËglise, venaient de l'Orient en Occident par Venise et Gênes. Toutes les découvertes et toutes les in v en ions industrielles ne datent que de l'ère préparée au tr zième siècle , de l'ère de l'émancipation intellectuelle, lo' que le despotisme sacerdotal perdit de son intensité, qu l'église passait de l'agression à la défensive , et que la ï urgeoisie se forma puissante dans les villes pour se livrer à l'étude des quelques artb industriels pouvant servir à adoucir la rudesse de la vie matérielle. L'église n'aimait pas l'industrie. L'industriel ne payait pas de dîmes. La population industrielle échappait par conséquent au prêtre. Si la domination de l'église avait continué telle qu'elle l'exerça aux xi* et xu® siècles, jamais on n'aurait vu sortir des iiv" et xv' siècles les inventions et les nombreuses découvertes qu'ils nous ont léguées, et si jamais le règne d'un Grégoire VII ou d'un Innocent III pouvait se reproduire, c'en serait fini des sciences et des arts industriels. L'histoire ecclésiastique n'est-elle pas là pour le prouver et le démontrer? Il faut seulement apprendre à U connaître ailleurs que dans nos livres d'histoire de l'église, composés par des évêques, des abbés ou de simples prêtres, ou par ces professeurs officiels qui ne veulent ou n'osent pasdire la vérité. 11 y a trop longtemps qu'on se tourne stérilement dans le cercle prescrit et étroit qui a été tracé pour l'histoire, en ayant toujours grand soin d'exalter sur un adage devenu monotone à force d'avoir été répété, que

le christianisme a fait ceci, a fait cela, tandis qu'il est plus exact de dire que cela s'est fait seulement sous son empire, mais malgré loi et contre lui; et même, il faut dire et affirmer hardiment que si la société européenne, que si l'opinion n'était toujours restée fortement empreinte des traditions et des données scientifiques de l'ancienne Grèce et de 1 Egypte , le christianisme, vide et purement sentimental , comme le coran de Mahomet, son voisin de pays et son arrière-petit-fils, aurait fait ce qu'a fait T islamisme : il aurait rétabli dans plusieurs endroits et généralisé dans toutes les parties méridionales de l'Europe, la vie nomade; parce que, n'y ayant aucune science en lui, et son dogme, purement logique, reposant sur des prémisses de convention, et toutes fausses, il ruinait les travaux , et toutes créations importantes de main d'homme , comme on sait que le coran Ta fait partout dans la Perse, sur une étendue immense de pays fertiles et couverts autrefois de villes et de créations utiles et économiques qu'avait données la religion de Zoroastre. Or, le christianisme en aurait fait autant sans les données grecques , que nous et nos pères, dans la longue série des générations depuis dix-huit siècles, avions dans l'esprit.

Le sentiment et l'esprit arabes ne se manifestent nulle part dans le christianisme d'une manière plus flagrante que dans les États pontificaux. Le sol y est négligé, la campygne de Rome , le territoire de l'ancien Latium et de la Home royale, est un vrai désert; dans ces États, point d'activiié, point d'industrie , point de manufactures , point de commerce, point d'arts, point ou presque point de lettres et de sciences, point de vie: mais àe l'ignorance, du fanatisme, de la superstilion, des brigands, des voleurs, despauvresen grand nombre, des malheureux, des abandonnés, des haillons, des guenilles et de la vermine, la déprédation en haut^ la bassesse et la servitude en bas, et nulle part la conscience et le respect de la dignité humaine. Voilà le portrait non flatté, mais tidèlè des États appartenant au chef de la chrétienté! Et si l'on y rencontre quelque bien , quelque pâle reflet du beau, cela n'est dû qu'à la force des choses, qu'à l'influence et à faction des pouvoirs temporels de l'extérieur qui galvanisent ce cadavre appelé pays et populations de l'Eglise. Pauvre pays et malheureuses populations! Intelligentes de nature, bonnes de caractère, mais perverties par les mauvais principes qu'on leur inculque avec le baptême et qu'on développe ensuite successivement sur la plus grande échelle. Si leur esprit national, leur esprit ita-

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lique primitif, qui ne cesse de temps à autre de se recueillir et de se mauifester dans leur sein, pouvait fournir librement sa carrière, on Verrait une métamorphose subite, et Rome redeviendrait quelque chose de réel et de vivant. Aujourd'hui, elle ne représente que la mort, la vétusté, la destruction, la ruine , le malheur, la désolation , la tristesse et le désespoir; en un mot, Tesprit arabe I

N'a-t-on pas été de nos jours , en pleine lumière du xix*' siècle , à mettre en question si Ton ne retrancherait pas de réducation de la jeunesse l'étude des lettres classiques, comme nous le disions plus haut par allusion , si l'on ne commencerait pas les études par la grammaire hébraïque , la grammaire de cette langue que les propres auteurs de la version des Septante ne connaissaient déjà plus dans son fond lors de Ptolemée Philadelphe . 270 avant l'ère vulgaire, de cette langue qui n'a eu quelques règles stables que longtemps après le retour de la captivité des Juifs? Terminons avec Clément d'Alexandrie , que les novateurs d'un nouveau genre ne répudieront certainement pas, que, « les plus anciens

Ehilosophes n'étaient pas portés au doute et à l'hésitation, es philosophes les plus récents chez les Grecs, par une vaine et insatiable ambition , par une disposition naturelle à décider et à disputer en môme temps , tombent dans un verbiage inutile. D'un autre côté, la philosophie barbare rejetant toute dispute : Cherchez , dit-elle, et vous trouverez , frappez , et il vous sera ouvert , oî «x)ixidr«Toc twv ^t'XotTôf-Mv

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