‹ Théologie cosmogonique; ou, Reconstitution de l'ancienne et primitive loiChapitre 125 sur 154 · L'ARCHITECTUKE DE LA» RENAISSANCE · texte numérisé non relu

L'ARCHITECTUKE DE LA» RENAISSANCE

Mais comme le style de la Renaissance est l'expression archilecturale d'une société de transition qui rejetait les traditions passées du moyen âge , sans avoir saisi encore la loi nouvelle, elle s'assimila les formes extérieures et uniquement décoratives d'une civilisation antérieure au christianisme , et construisit avec elles ses monuments nouveaux. La Renaissance ayant porté son attention sur les débris sociaux de l'antiquité classique , et principalement conservés dans les ouvrages de littérature de tous genres que la chute do Constantinople avait fait refluer en Occident^ il était tout naturel que ses artistes tombassent momentanément sur Vimitation des édiflccs romains, qui reflétaient, mal à la vérité , le caractère des temples grecs.

Quelque gracieuse et élégante qu'elle fût, l'architecture do la Renaissance n'en est cependant pas une véritable , ])arce que l'essence d'une architecture doit pénétrer dans l'organisme intérieur des formes et des apparences d'un monument.^ Or, cette architecture du xvi'^ siècle ne fit que copier d'abord les monuments antérieurs, les monuments du moyen âge , en les revêtant d'une enveloppe extérieure qui ne fut qu'une conception après coup ne faisant nullement un avec le corps, Vâme et l'esprit de l'édifice. Tranchons le mot , l'architecture de la Renaissance n'est qu'un simple placage qui décore très agréablement les parois de la construction. Mais il est juste de dire aussi qu'elle est, au rebours de celle des siècles précédents, gaie, joyeuse, variée , capricieuse , légère et saisissante. Elle n'est pas absolue comme l'était sa devancière et plus familière aux exigences de la vie civile et domestique.

Ce n'est point de l'imagination brillante et incandescente qui créa l'architecture de la Renaissance qu'est née celle qui apparut pendant le règne de Louis XIV. L'architecture du XVII* siècle qui a son siège principal à Versailles, est née d'un éclcctis:ne dans l'art, qui dégénéra en un matérialisme erroné et qui passa entièrement à côté du véritable vrai, comme le fait l'éclectisme xjn fait de philosophie. L'architec-

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lure de Louis XIV est héroïque , grandiose avec boursoufflure, mais essentiellement bourgeoise. Pour un esprit fin et délicat , elle porte dans ses différents caractères un ensem> ble grossier et rude , et sa fausse grandeur ne natt qu'à distance et dans le colossal des masses et des silhouettes. Toute cette architecture de Lopis XIV porte l'empreinte de Torgueil, de la pompe, du faste, de la grandeur poj^tiche et nous rappelle tout ce faste et cette ostentation de la civilisation romaine et de ses festins. L'architecture romaine et l'architecture de Versailles ont une origine identique , la fausse grandeur de l'extérieur qui a pour source unique la richesse excessive. Les goûts et les aspirations du parvenu y ont empreint leur cachet indélébile. Si les monuments de la Renaissance offrent à l'artiste une fête éternelle pour son âme , une source d'études, de joies et de surprises, les monuments de Louis XIV restent un spectacle continuel pour les masses , et si les dépenses faites pour les magnificences du . château de Versailles n'ont pas peu contribué à amener la révolution de 4789, le peuple français peut être glorieux de cette édification colossale qui , à l'époque et un demi-siècle après, fut imitée dans toutes les parties de l'Europe, en miniature à la vérité.

Lors de la Renaissance, la statuaire, quittant la représentation d'êtres chimériques, comme anges, saints et martyrs, sortit du temple et se sécularisa en ciselant des bustes , des statues, des médaillons et des bas-reliefs, représentant des êtres réels, vivants ou ayant existé. Les statuaires , dans ce but . durent se mettre à étudier la nature humaine, dont ils rendirent la beauté et l'expression par ces œuvres immortelles que nous allons toujours admirer dans nos musées. II en fut de même de l'art de la peinture qui , pendant la Renaissance , reproduisit non plus les maigreurs humaines amenées par les idées d'ascétisme et d'énervement matériel du moyen âge, mais qui chercha à leur rendre le beau naturel qui revint effectivement aussi avec l'affranchissement intellectuel. Car enfin , il faut bien le faire remarquer ici , presque tous les personnages du moyen âge dont nous avons des portraits soit en pierre ou en marbre , soit en peinture, nous offrent, et surtout les rois de France, un type de figure rabaissé et dans lequel la noblesse grecque et égyptienne est transformée en une sorte d'infériorité, témoins les faces de Louis IX et de Charles V. Ces types passés se retrouvent de nos jours chez les hommes qui se sont séquestrés du monde réel , pour ne vivre que dans une

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