‹ Théologie cosmogonique; ou, Reconstitution de l'ancienne et primitive loiChapitre 124 sur 154 · CHAPITRE PREMIER. LE PANTHEISME · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. LE PANTHEISME

aussi sur Tinduction. Descaries à son tour, cherchant à se dégager de la scholastique du moyen âge, sans y parvenir entièrement, voulait concilier la raison avec la révélation, et il soumit cependant la première à la seconde (1). Dans son but, il a été obligé de se renfermer dans Tabstraction idéologique des races sémitiques. Aussi sa philosophie n'a-t-elle pas fait faire yn pas. un seul progrès, une seule amélioration réelle à la société, que de Témietter et de la dissoudre. Ses spéculations ne roulent que sur des points abstraits, nullement homologues au monde physique.

Mais toutes les doctrines de ces philosophes , comme les développements que leur ont donnés leurs disciples et continuateurs , tout en aidant la raison à sortir de la torpeur ou du néant où l'avaient plongée les siècles du moyen âge, péchaient par la base; elles n'étaient* point bâties sur les assises solides et inébranlables de la science réelle , de la science cosmique ou de Yuniversel. L'imagination cheminait côte à côte avec la logique , et le point de départ ne convergeait pas , soutenu par la science des vrais rapports vers la surface terrestre que nous habitons et où les sociétés séjournent et vivent.

Pendant les trois derniers siècles et demi qui viennent de s'écouler, l'esprit philosophique, suivant en cela le christianisme , ne s'est occupé que de Dieu , comme simple esprit, sans pénétrer au moyen des lois du monde que révèle la science moderne, dans la connaissance de Dieu par l'acte intelligent de la création et dans la connaissance de son gouvernement de l'univers. Il ne pouvait en être autrement, ^'ignorance du moyen âge amenée chez l'homme par le clergé (*2), seul corps enseignant , pour lui donner foi dans ce qu'on appelait les Ecritures ^ avait obscurci ^ tel point son esprit, qu'il a fallu trois cents ans pour secouer entièrement les cnaînes qui l'empêchaient de s'élever hors de la sphère étroite et fausse dans laquelle on l'avait enfermé.

(1) Ou bien n'a-t-il manœuvré, n'a-t-il biaisé ainsi que pour esquiver la persécution des jésuites? Il en est peut-être de même de Montaigne.

(2) Il va de soi que nous n'entendons pas que tous les prêtres aient donné sciemment dans ces doctrines fausses; car il y avait beaucoup parmi eux de natures bonnes et simples, qui en marchant ainsi croyaient bien faire, et qui se seraient retirés , ou qui auraient ouvertement combattu la tendance s'ils avaient eu la supériorité d'esprit qu'une pareille entrepris* aurait de-^ Buandéç.

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Toutes les belles découvertes , tous les faits attestés par les circumnavigateurs du globe au xvi* siècle , vérifiés et certifiés par leurs nombreux successeurs ont fait prendre un nouvel et prodigieux essor à la théologie natdrelle. La raison humaine, qui depuis la Renaissance a pour interprète l'opinion publique, a brisé les instruments de torture et anéanti les inquisiteurs, et le saintroffice ne peut plus atteindre, pour les tuer, tous ces esprits éminents par leur génie ou leur savoir, qui font faire des pas gigantesques au développement du savoir humain. Depuis Copernic, Kepler, Galilée , Newton , etc. , l'église est battue dans le ciel , et de jour en* jour sa suprématie terrestre est toujours de plus en plus combattue et resserrée dans d'étroites limites , et la science n'est plus exclusivement que laïque.

Les errements de quelques écoles philosophiques du XVII* siècle venaient de ce que le catholicisme élait percé à jour et que les intelligences n'en pouvaient plus vouloir. En second lieu, ces errements provenaient de ce que le christianisme avait violemment rompu les traditions, et que la science antique ne leur était encore que faiblement révélée dans son ensemble, et enfin qu'elles n'eurent pas pour boussole tous les trésors que la science moderne ne cesse de découvrir journellement.

Avec l'accroissement des préoccupations terrestres, si légitimes et si naturelles pour l'homme , la foi religieuse des temps antérieurs allait continuellement en s'afi'aissant. Les colonisations d'outre mer enlevèrent un nombre considérable de bras de la vieille Eurof^e. L'édification des monuments religieux diminua sensiblement. De tous les pays de rOccident et surtout de France, une quantité d'artistes allèrent visiter l'Italie et ses restes d'architecture monunnentale. La vue des édifices de Rome et d'autres villes de la péninsule, joint au coût de l'étude des lettres antiques, poussa les architectes à importer en France et dans d'autres pays du nord et du sud, l'imitation de ces édifices, dont ils surent métamorphoser avec une rare habileté le caractère pour l'approprier au climat et aux exigences du nord . Et dans les arts encore l'esprit de la Grèce , par sa traduction romaine, exerça les prérogatives de la beauté dans les momimcnls d'architeôture, dans les palais, les cliûteaux, les hôtelsde-ville, les bourses, les fontaines qui couvraient le sol de l'Occident au xvi'' siècle. L'ogive du xni* siècle est partout abandonnée, comme étant en opposition avec la liberté et l'émancipation intellecluelle de cette époque de régénération-

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universelle ; le plein cintre romain et l'architrave grecque la remplacent même jusque clans les rares monuments du culte que l'église militante parvenait à grand' peine à faire élever.

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