CHAPITRE m. RÉVOLUTION FnANÇAISE. 4i
rompus par la fortune. Louvois pourtant et Seignelay se trouvèrent gens d'esprit et d'activité, mais non pas des ministres sensés et prévoyants. Le premier , méchant et sanfui'naire , qui n'avait en vue que son intérêt et l'ambition 'être maître; d'une âme d'ailleurs peu élevée , mais tyrannique , ce qui attira l'aversion de tout le monde. Seignelay, d'un courage et d'un esprit plus élevés, mais emporté, fut cause que Louvois , de peur de déchoir, fit faire au roi tout ce qui pouvait attirer des guerres éternelles, afin qu'il eût toujours besoin de lui. Mais ce qui piqua le plus ce ministre, dont la rage a produit dans la suite de grands malheurs , fut la faveur de madame de Maintenrn, qu'on appelait auparavant madame. Scarron, veuve d'un poète burlesque, femme d'un esprit gracieux et insinuant, etc. (1).
Citons encore ici pour Caractériser la morale de l'Eglise sous Louis XIV, que le père Lachaise. confesseur du roi , ne lui faisait point de scrupule du double adultère avec mesdames Montespan et Scarron , et de son amour pour mademoiselle de Fontange ; ce qui fit dire fort plaisamment à madame de Montespan que le père de Lachaise était une chaise de commodité (2).
L'abbé de Saint-Pierre est encore plus sévère lorsqu'il caractérise Louis XIV : « Il se gouvernait, dit-il, comme s'il eût adopté à l'égard de ses voisins et de ses sujets la maxime d'un célèbre tyran : qu'ils me haïssent , pourvu qu'ils me craignent; oderint, dum metuant. Comme la moindre résistance le blessait profondément , il sacrifiait tout au plaisir de se venger et de montrer au public qu'il était redoutable (3). »